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MC Saint Maur : Casse du service public pénitentiaire, Tome 1

jeudi 3 juin 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Les fonctionnaires de l’administration pénitentiaire subissent des attaques de toutes parts. Le gouvernement et la DAP, son « bras armé », imposent, parfois contre tous et souvent avec la complicité malheureuse de syndicats patronaux, une politique affirmée de casse du service public pénitentiaire.

Succinctement mais clairement, nous allons essayer de vous expliquer le funeste scénario qui s’annonce contre nos acquis sociaux et les durs combats à venir au travers de plusieurs thèmes qui , même s’ils ne paraissent pas directement liés à la casse du service public pénitentiaire, sont autant de pistes et d’indices faisant déjà état, dans ce premier volet, du véritable état d’esprit de cette administration.

Thème 1 : La charte du dialogue sociale.

Ce texte signé en février 2010 veut faire des comités paritaires (CTPS, CTPI etc…) le lieu de « la qualité du dialogue social, le lieu traditionnel des échanges entre l’administration et les représentants du personnel », dialogue que doit se « fixer comme objectif les deux parties ». Belle farce ! Puisque l’article 23 du décret du 28 mai 1982 stipule qu’en « cas de partage des voix – entre l’administration et les syndicats- l’avis est réputé avoir été donné. » En clair : circulez, y’a rien à voir !! Les syndicats sont unanimement contre, pas grave, la direction a voix prépondérante. C’est l’exemple de la MC ST-Maur avec le service des 1ers surveillants où le directeur est passé outre l’avis des syndicats. A noter que la section locale CGT de ST-Maur est toujours le seul syndicat en recours administratif à ce sujet depuis juin 2009… On y a encore droit…

Les CTP ne sont donc en réalité que la chambre d’enregistrement de la seule volonté de l’administration. Tout ça n’est trop souvent que du théâtre, à quelques rares exceptions, les objectifs de l’administration étant trop antagonistes avec ceux des salariés pour constituer de véritables lieux de « dialogue social ».

Thème 2 : Le code de déontologie.

Ce document qui n’est à l’état que de moutures exprime bien ce qu’il aura pour fonction : être le « poisson pilote » d’une politique pénitentiaire asservissante. Faisons taire la liberté d’expression au profit d’un devoir de réserve omnipotent qui nous bâillonnera et fera de nous de bons petits soldats. L’article 9 le signifie très bien, il entérine un système de « muselière ». Il en sera bientôt fini des mouvements de protestations car les sanctions vont être encore plus dures et radicales. Déjà, cela se ressent comme pour nos collègues de la MA de Tours qui ont eu un abaissement d’échelon pour avoir manifesté leur mécontentement sur leur repos devant l’établissement. Cela nous pousse donc à entamer une véritable réflexion sur la diversification des moyens d’actions revendicatives. A moins qu’ avec ce texte nous ne puissions même pas en tant que citoyens défiler dans les rues car l’administration nous aura fait croire que nous sommes des « super-citoyens ». Simple impression donnée par la prestation de serment (article 13) qui pourrait à terme nous inviter vivement à ne pas déroger à ce « super statut » en n’évitant de nous mêler aux simples citoyens et au final à ne plus nous préoccuper du reste de la société…Des poissons dans un bocal en quelque sorte ! Et il n’y a bien que les syndicats patronaux pour croire et faire croire que cela constitue une avancée. Mais ils ne sont plus à un mensonge près …

Pire dans son article 12, l’administration institutionnalise le système de la « délation ». Le surveillant aura pour devoir de balancer son petit collègue. Dans ce cas là, il vaut mieux être aimé de tous le monde et surtout être discret et obéissant envers l’administration car c’est la porte ouverte à tous les abus, à toutes les rumeurs les plus folles et à tous les règlements de compte les plus lâches. Chouette ambiance !

Nous pourrions vous en dire plus sur ces sujets mais le « devoir de réserve » nous oblige à ne pas trop en écrire, on ne sait jamais….

Les prochains tracts sur la casse du service public concerneront les RGPP (Révision générale des politiques publiques), le « tout sécuritaire », la privatisation rampante et la précarisation du métier.

En attendant, faites attention à vous car les loups sont partout…

Le 3 juin 2010, Saint-Maur, le bureau local CGT.

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