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Marché des cantines en prison

samedi 21 janvier 2012  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Bien trop débordé par ses jalousies infondées envers la population pénale, par la mise en concurrence dangereuse entre les personnels pénitentiaires et les personnes incarcérées, voire accaparé par ses appels à la Haine, FO pénitentiaire oublie d’apporter certaines précisions essentielles dans ses communiqués relatifs au marché des cantines (nom global ou générique des achats de produits par les personnes détenues relatifs à l’hygiène, le tabac, la presse, la télévision…etc… ainsi qu’à l’amélioration des repas fournis par l’administration..).

En effet, si les nouvelles règles (prix unique sur certains produits) ne sont pas parfaites et auront un coût certain pour l’administration pénitentiaire, elles ont au moins le mérite d’uniformiser, dans les prisons à gestion publique, le prix de certains produits cantinables.

Le prix des produits dits cantinables connaissaient déjà une importante disparité en fonction des établissements, des régions… La nouvelle mesure relative au marché des cantines tente de réduire ces inégalités en proposant un prix unique, mais uniquement dans les prisons à gestion publique. C’est une mesure équitable, même si elle n’a pas été rigoureusement pensée, puisqu’elle sera financée sur le budget global de l’administration.

Nous savons tous que les personnes les plus exclues sont celles qui peuplent en masse les prisons. Si la politique pénale choisie par les derniers gouvernements coûte cher au contribuable, le fait d’être incarcéré coûte cher aux détenus, et plus encore à leurs familles.
Il serait faux et absurde de penser que tout est gratuit en prison, si ce n’est la misère et la promiscuité. Il est donc légitime que les personnes incarcérées et leurs familles ne subissent pas, en plus de l’incarcération, une double peine, celle du surcoût des produits cantinables. Le travail en prison est très rare (- de 30 % des détenus bénéficient d’un travail), réalisé sans contrat et rémunéré bien en deçà du salaire minimum.

Il est donc légitime que le prix des cantines soit uniformisé. Sauf que les gestionnaires des prisons privées, business oblige, continuent de rester hors de ce dispositif ; les prix pratiqués restant libres. Le traitement des personnes incarcérées et les conditions de détention vont encore une fois être différents sur le territoire, selon le type de gestion des établissements dans lesquels les personnes seront incarcérées. Va-t-on assister à une orientation des détenus en fonction du revenu des familles ? Prisons publiques pour les détenus socialement les plus précaires, prisons privées pour les plus aisés et ceux pouvant offrir une main d’œuvre corvéable à souhait ?
Le dispositif « cantine à prix unique » doit être amélioré et repensé afin qu’il ne repose pas sur le seul budget de l’administration pénitentiaire, déjà mis à mal par le coût croissant des loyers payés aux groupes privés qui exploitent les établissements dans le cadre des PPP. Il doit être appliqué sur l’ensemble du territoire de la République, que les prisons soient à gestion publique ou privée ; que la prison soit en métropole, en département ultra-marin ou en milieu insulaire.

Il est plus facile de déverser sa haine sur les détenus que de dénoncer les tenants de l’industrie carcérale qui s’engraissent sur leurs dos et celui du contribuable. La CGT Pénitentiaire refuse que les conditions de détention soient différentes selon les types d’établissements ! Les personnels pénitentiaires connaissent l’impact important de la cantine – et du courrier – sur la qualité des relations avec les détenus, et par conséquent sur nos conditions de travail.

Montreuil, le 21 février 2012.

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