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Missions des personnels de surveillance : La CGT Pénitentiaire s’engage !

mardi 12 avril 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Soucieuse de préserver et d’affirmer une identité pénitentiaire centrée sur le coeur de métier, qu’est la coursive idéologiquement et philosophiquement, la CGT Pénitentiaire s’est toujours opposée à l’extension des missions extérieures résolument dévolues, nous concernant, aux forces de l’ordre. La question des moyens nous a toujours interpellé, nous l’avons d’ailleurs payé très cher en emploi dans les établissements !

Réaliste et responsable, notre positionnement, aussi argumenté soit-il, n’aura contrarié aucun arbitrage politique. Que ce soit en son temps les ERIS ou aujourd’hui les PREJ.
Si le constat, bien que contraire à nos orientions, ne nous a pas interdit de syndiquer des personnels en charges de ces missions nouvelles, c’est de façon pragmatique que la CGT s’est emparée des problématiques particulières de camarades qui, dans l’exercice de leur fonction, rencontrent des difficultés spécifiques.

Un temps élitiste lorsque seuls les ERIS incarnaient l’extension des missions, la généralisation des PREJ, des UHSI, UHSA, etc donne une dimension toute nouvelle à des missions qui incarnent désormais autant d’alternatives à la « coursive ». En parallèle, tandis que se diversifie la fonction pénitentiaire, grandit le risque prégnant d’un confinement des agents de détention condamnés, indépendamment de ce qu’ils soient les plus nombreux, à l’exercice rébarbatif et au combien éprouvant d’une pratique de détention sans reconnaissance ni échappatoire.

Si la CGT rappelle que le dénoncé de la souffrance des personnels de détention ainsi que la revendication d’une nécessaire revalorisation ont justifié bien des conflits et ce jusqu’au dernier en date - où cette question essentielle fut exposée au président de la république - les perspectives et réflexions de nos gouvernants après les dramatiques événements du Bataclan balisent un avenir pénitentiaire où, regroupés autour d’un concept approximatif de « police pénitentiaire », plusieurs milliers d’agents centraliseraient des missions allant de l’existant jusqu’à la surveillance périphérique, les escortes médicales armées, l’encadrement des permissionnaires, les gardes statiques, etc.

Alors que l’objective réalité de menaces terroristes redéfinit les exigences et priorités
sécuritaires, c’est « naturellement » que les forces de l’ordre se désinvestissent de toutes missions attenantes de près ou de loin à l’univers carcéral. Et, c’est mécaniquement que la pénitentiaire hérite des friches policières.

Même s’il nous apparaît difficile d’estimer et de borner précisément dans le temps le prévisible
transfert de missions, cette « évolution » ou cette « fatalité » recomposera profondément à son terme le paysage pénitentiaire.

Véritable tournant, outre les questions de la compétence, de la formation, du recrutement, etc, cette orientation identifie deux champs d’exercice professionnel distincts en « opposant » les personnels de détention à ceux orientés vers des métiers à dénomination sécuritaire. Si le principe banalise la logique d’un personnel armé pour toutes missions à caractère sécuritaire, elle ouvre nombre d’interrogations relayées par la DAP à savoir : Faut-il deux recrutements distincts, deux rémunérations variables, deux statuts différents, deux formations spécialisées ?
Ou, à défaut, la professionnalisation d’un corps ayant une formation et un recrutement unique ?

Les enjeux ainsi identifiés, la CGT ne saurait se cantonner à accompagner les débats mais entend s’inscrire dans une dynamique revendicative responsable et assumée en développant sa vision d’une professionnalisation du métier pénitentiaire.

Alors que nos compétences et missions seront amenées à se diversifier et à s’étendre, la CGT entend imposer au centre du débat, l’évolution des pratiques professionnelles en détention : Acteur véritable de l’univers carcéral, le surveillant de détention se doit d’être valorisé et respecté. Alors que les défaitistes et les conservateurs de tous bords nous opposent une réalité résignée et immuable où fermer des portes et gérer des détenus résumerait la stagnation à laquelle seraient condamnés les personnels de « coursive », la CGT étaye une vision carcérale où l’évolution du métier de surveillant s’appuierait sur le repositionnement de son champs de compétence et sur l’élargissement de ses actes professionnels.

Seul à maîtriser véritablement la complexité du terrain, c’est statutairement que le surveillant doit être intégré aux CPU et aux CAP et c’est dans un domaine aujourd’hui de l’exclusivité du CPIP que le surveillant de détention doit conquérir de nouvelles prérogatives. C’est dans ce cadre et cette fonction étendue que l’observation et la connaissance de la PPMJ doivent pleinement s’exprimer. La valorisation induite par cette nouvelle posture professionnelle conditionnera un relationnel différent où l’ouverture toujours nécessaire de portes ainsi que la dimension sécuritaire qui accompagne la fonction, ne résumeront les seules interactions possibles du surveillant avec la population pénale.

En parallèle et en simultané la CGT aborde en responsabilité les enjeux des missions
extérieures et se positionne clairement pour l’armement des personnels.
Parce qu’il serait irresponsable d’éluder, au prétexte d’obscures frilosités idéologiques une réalité déjà effective : l’exposition des personnels dans le cadre des nouvelles missions justifie à ce que l’arme déjà très présente dans le quotidien du surveillant fasse partie intégrante de son métier et de sa formation.

En conclusion, s’il nous incombe d’appréhender les échéances de demain, la CGT revendique une professionnalisation du métier de surveillant sur la base d’un recrutement et d’une formation unique gage de l’indispensable polyvalence d’un personnel centré tout à la fois, sur sa mission de réinsertion au sein des établissements et sa compétence sécuritaire dans le cadre de missions périphériques et extérieures.

Articulée en catégorie B pour le corps d’exécution et d’application, la déclinaison de la
pénitentiaire de demain suppose une réforme statutaire ambitieuse avec une reconfiguration du corps de commandement et une redéfinition des modules de formation. Susceptible de décliner plus précisément nos propositions, la CGT balise dans l’état l’axe d’orientation politique qui animera ses prises de positions à venir.

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