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Mortalité inquiétante !!!!

vendredi 10 avril 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Marie Ange, Tintin, Gérald, Bertrand, Didier, ces prénoms ou diminutifs ne vous diront sans doute rien.

Pourtant, pour nous fonctionnaires du ministère de la justice travaillant sur la Maison d’Arrêt de Brest, depuis un an et demi, ce sont cinq de nos collègues qui sont décédés bien trop tôt et qui avaient encore tout à construire...

Quatre de ces collègues exerçaient leur profession sur la Maison d’Arrêt de Brest, le cinquième, ayant obtenu une promotion, était parti sous d’autres cieux exercer de nouvelles responsabilités. Il est revenu quelques mois plus tard dans sa ville natale pour se jeter d’un pont avec pour seule pièce d’identité « sa carte professionnelle » glissée dans sa poche...

La difficile période que nous traversons, nous amène comme vous pouvez l’imaginer, à mûrir une réflexion sur la pénibilité de notre profession et en règle générale, du milieu carcéral.

Nous ne croyons pas au malheureux concours de circonstances, dont à coup sûr notre administration se fera écho.
Sur la Maison d’Arrêt de Brest, du fait d’une structure des plus inappropriées pour une maison d’arrêt, les personnels y exerçant, ont toujours su donner une dimension très humaine à leur profession en créant une « ambiance apaisée » pour reprendre les mots du contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Malheureusement, les maux sont connus et reconnus : une surpopulation carcérale galopante au cours de ces dernières années, des détenus de plus en plus difficiles à gérer, de plus en plus vindicatifs, une politique carcérale complètement hallucinante, de nouvelles missions ou autres tâches administratives créées sans ressources humaines, une impression de non reconnaissance des personnels pourtant dévoués, une mission de service public toujours plus difficile à effectuer et que la moyenne d’âge des agents(tous corps confondus) travaillant sur la Maison d’Arrêt de Brest est de plus de 47 ans ce qui implique inexorablement un épuisement professionnel pour un certain nombre de collègues. Sur le Finistère, nous n’avons plus de médecins de prévention depuis 2 ans. Une psychologue des personnels du Ministère de la Justice basée sur Lorient se partage le Finistère, le Morbihan et les Côtes d’Armor, autant dire une goutte d’eau dans un océan de détresse humaine auquel nous sommes confrontés... Cela nous laisse plus que dubitatifs pour une profession où les taux de suicide sont parmi les plus élevés...

Voilà, ce sombre tableau, dont on pourrait croire qu’il provient directement d’un des plus bas cliché de psychodrame télévisuel américain, est pourtant bien la triste réalité de ce qui se passe derrière les murs de la Maison d’Arrêt de Brest

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