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Mouvement des travailleurs sociaux : Affaire à suivre...

jeudi 3 juillet 2008  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Ce jour, la CGT pénitentiaire prend acte de la suspension du mouvement décidée par l’immense majorité des terrains. Cette suspension résulte de l’insoutenable répression mise en œuvre ces derniers jours, de la division syndicale et sans doute un peu de l’approche des congés estivaux. En aucun cas elle ne traduit une quelconque satisfaction des terrains ou de notre organisation, vis-à-vis des propositions de l’administration.
Néanmoins, à la lecture de cette prise de position, l’UGSP-CGT entend prendre toute sa place dans les discussions à venir. L’administration exige pour ce faire une signature sur le « plan de travail proposé. » Cette exigence est fort surprenante ! En quoi est-il nécessaire que les organisations syndicales signent un « plan de tra¬vail » qui « pourrait » aboutir à un protocole d’accord ?
La DAP ne nous a communiqué ce document que le 30 juin, sans préciser ni le calendrier des réunions, ni la composition de ces groupes. A quel stade des discussions les organisations syndicales seront-elles associées à ces réflexions puisque, semble-t-il, elles ne font pas partie du comité de pilotage ? L’ensemble de ces groupes de travail sera-t-il paritaire ?
Toutes ces questions restent pour nous sans réponses… Vous n’avez qu’à signer nous répondra-t-on. Mais signer quoi ? Un plan de travail constitué majoritairement de thèmes qui, au-delà de l’intérêt qu’ils présentent, sont sans rapport avec les revendications des travailleurs sociaux ?
Malheureusement, le renoncement du SNEPAP a suffi pour que le Ministère et l’administration considèrent cette proposition comme définitive… Tellement définitive qu’aucune sanction ne sera levée contrairement aux engagements de Mme DATI et à ce que nous avait laissé entendre M d’HARCOURT, …
Comme il est difficile de négocier sans le soutien du terrain, comme il est pénible de constater ce que nous avions prédit : il n’est pas d’avancées sans rapport de force !
Bien des désillusions nous attendront à la rentrée si le SNEPAP poursuivait son cavalier seul avec le faible niveau de résultat atteint. Nous n’avons aucune confiance dans ce gouvernement, pas plus que nous n’en avons dans une administration qui nous abreuve de son mépris !
Deux voies s’offrent désormais à nous : la signature d’un document qui n’engage personne à quoi que ce soit ou le refus de signature qui nous exclut des débats. Nous aurions souhaité que l’ensemble des organisations syndicales posent comme préalable aux discussions la levée des sanctions, mais dans la mesure où aujourd’hui, nos partenaires gouvernementaux et sociaux ne sauraient que trop se satisfaire du fait que la CGT ne participe pas aux débats, il apparaît stérile d’adopter cette attitude, même si notre colère est intacte et que nous poursuivrons le combat pour la réhabilitation de nos collègues sanctionnés.
Aussi, c’est avec une profonde amertume que nous signerons ce document, tout en persistant à croire que nous payons très cher l’erreur de ceux qui ont lâché la mobilisation pour l’ombre d’un résultat.

  • RÉFLEXION SUR LE MÉTIER ET PERSPECTIVES STATUTAIRES Depuis le début, nous savions tous qu’il ne fallait pas rentrer dans le débat qui veut lier de futures évolutions du métier à une future évolution statutaire. Les terrains nous ont mandatés pour obtenir une revalorisation immédiate, on va leur proposer de renoncer encore un peu plus à ce en quoi ils croient avant de peut-être bénéficier d’une augmentation de leur rémunération…
    La DAP est claire sur ce sujet, et le SNEPAP lui emboîte le pas depuis des années. C’est dans cette logique que toutes les réformes des dernières années ont été cautionnées. L’argument d’un nécessaire « décrochage du social » a justifié nombre d’évolutions sans jamais se traduire par des avancées concrètes pour les personnels. Nous sommes sous statut spécial, nous avons changé de nom pour nous distancier du « social », on a créé les SPIP, on a supprimé la terminologie « travail social », on a développé une hallucinante hiérarchie en un temps record, soi-disant pour nous ouvrir un espace indiciaire. Cette quête absolue du « décrochage du social » devait être consacrée par la circulaire sur les missions qui aurait dû logiquement aboutir, selon les chantres de cette théorie, à la revalorisation indiciaire espérée. Or, il n’en est rien. Non seulement il n’en est rien, mais le SNEPAP, moteur de ces évolutions, s’est rendu compte de lui-même que l’administration n’avait jamais entamé de réelles discussions avec la fonction publique pour envisager un passage en catégorie A.
    Tous ces renoncements pour rien ! Toutes ces pratiques professionnelles sacrifiées pour rien ! Toutes ces expérimentations hasardeuses, toutes ces méthodologies lacunaires pour rien ! Certes, cette évolution n’a pas été perdue pour tout le monde, et aujourd’hui les DSPIP peuvent se féliciter de la politique de la DAP, qui va encore les revaloriser...
    Le plus surprenant n’est pas l’échec de cette stratégie, menée contre la volonté de la majorité des collègues et dont on mesure depuis plusieurs années les conséquences néfastes. Le plus hallucinant, c’est de persister dans cette logique de division et de destruction !
    Division en opposant les « travailleurs sociaux rétrogrades » aux « experts criminologues avant-gardistes », caricaturant ainsi une profession où tout le monde s’accorde à dire que nous ne faisons pas que du travail social mais que le travail social est au cœur de notre action.
    Destruction en accompagnant de fait toutes les réformes qui massacrent nos outils de travail et nous éloignent toujours plus des personnes suivies pour aller vers une politique d’aménagement de masse et de gestion de flux.
    Cet entêtement suicidaire et stérile, tant pour les personnels que pour le service public, s’illustre dans l’argumentaire commun à la DAP et au SNEPAP : pour obtenir la catégorie A, il faut poursuivre dans le décrochage du social pour éviter « l’effet de contagion » que cela occasionnerait chez les autres travailleurs sociaux, et pour obtenir une surindiciarisation, prévue pourtant par le statut spécial, il faudrait s’orienter vers une hypothétique filière sécurité afin de favoriser la mobilité en¬tre travailleurs sociaux pénitentiaires et sapeurs pompiers ou lieutenants de police…
    Outre qu’il est toujours gênant qu’un syndicat se mette à la place de son employeur en expliquant pourquoi une administration ne peut accorder d’avancées à ses agents, faire siens ces arguments dénote un réflexe corporatiste qui nous oppose radicalement. La contagion aurait plutôt tendance à nous réjouir. Si nous obtenions quelque chose nous ne verrions aucune objection à ce qu’il en soit de même pour d’autres ! Le nécessaire « décrochage du social » n’est pas une nécessité technique, mais bien politique ! C’est le problème du gouvernement, pas le nôtre. Et puis qui imagine sérieusement que des hordes d’éducateurs spécialisés, de puéricultrices ou de conseillères en économie sociale et familiale jalouses de nos avancées entreraient dans une rage incontrôlable ?
    L’équation est simple : toujours moins de référence au travail social depuis 30 ans et toujours la même grille indiciaire ! Et l’on vient nous dire aujourd’hui qu’une vision corporatiste qui déboucherait sur une future filière sécuritaire serait notre seule horizon ? Que les évolutions de notre métier connues ces dernières années ne nous différencient pas assez du travail social classique ? Mais jusqu’où faudrait-il aller ?
    Tout le monde sait que si les « filières Silicani » existent un jour, l’objectif de l’administration sera de nous faire intégrer la filière sécurité et que les groupes de travail ne sont que le moyen de nous faire croire que cela résulterait du dialogue social !
    Combien de temps encore le SNEPAP va-t-il accompagner ce gouvernement dans ses réformes ? Le SNEPAP combat la rétention de sûreté mais admet que l’on nous demande de mesurer le risque de récidive ou le niveau de dangerosité des personnes ! Le SNEPAP s’oppose à la loi pénitentiaire mais accepte de faire de nous des aménageurs de peines en série !
    Pour la CGT, les choses sont claires, nos positions sont publiques et nos consultations transparentes. Le 13 décembre 2007, la CGT a appelé à des débats dans les services pour que les terrains puissent se positionner quant au projet de réforme des missions. Les conclusions qui sont remontées nous ont confortés dans nos orientations et nous ont permis d’appeler à l’époque à la mobilisation. Cette dernière n’a pas eu lieu, et le SNEPAP a voté avec la DAP cette circulaire qui s’impose maintenant. Cependant, nous ne retirons rien de ce que nous disions le 18 décembre et que nous redirons à Mme GORCE : « L’UGSP-CGT n’acceptera pas de vendre le cœur de notre métier. La revalorisation des personnels est légitime. La baisse du pouvoir d’achat, l’extension des missions et l’augmentation du public pris en charge suffisent à la justifier. Que l’administration choisisse de nous proposer une grille (…) atypique ou qu’elle considère que cette revalorisation passe par un changement de catégorie, cela nous importe peu. Ce que nous exigeons, c’est l’ouverture de négociations en vue d’augmenter le traitement des personnels. Nous ne demandons pas à changer de métier pour changer de caté¬gorie ». L’administration nous renverra soit que nous ne voulons pas de revalorisation puisque nous ne voulons pas du métier qu’elle nous propose, soit que le seul levier pour nous augmenter serait le paiement des heures supplémentaires puisque nous voulons continuer de croire aux valeurs qui fondent notre métier. N’est-ce pas ce que le ministère envisage déjà ?
    Nous ferons néanmoins entendre notre voix dans ces groupes de travail, pour que ce que nous avons construit depuis deux mois n’ait pas servi à rien, pour démontrer que notre profession connaît désormais le chemin de la lutte pour affirmer une fois encore que plus rien ne sera comme avant !
  • DEUX MOIS DE LUTTE : POUR QUEL RÉSULTAT ? Ces derniers jours nous ont plongés dans l’écœurement et la déception, mais cela ne doit pas nous faire oublier ce que nous avons construit, ce que nous avons gagné.
    Cette mobilisation inaugure un rapport de force inédit. Nous sortons renforcés de la confiance que nous ont témoignée les terrains comme nous sortons confortés par le courage, la détermination et la combativité de nos militants. Localement, régionalement, nationalement, nous avons tous appris de ce conflit. Nous saurons nous appuyer sur cela dans les discussions à venir.
    Nous avons appris à nous faire entendre par notre administration que nous avons forcée à reconnaître qu’elle s’était trompée. Nous avons forcé l’administration à re¬culer sur la modulation indemnitaire ce qui, à défaut d’être un progrès, constitue une avancée cruciale pour l’avenir de notre métier.
    Nous avons appris à nous battre et à nous exprimer malgré ce statut spécial qui nous musèle. Depuis le 29 avril, chaque quotidien régional a parlé des SPIP ! La couverture médiatique nationale est d’une ampleur incroyable, depuis les articles dans la presse nationale, jusqu’aux différents journaux télévisés. Prêt d’une centaine de députés ont interpellé Mme DATI au parlement.
    Nous devrons utiliser ces outils pour combattre demain, dans chaque antenne, les organisations de services délirantes, les entorses aux chartes des temps, les PPR mis en place n’importe comment ou les suivis différenciés sans queue ni tête. Tout cela doit nous permettre d’affirmer localement notre vision des choses, d’imposer une réflexion qualitative sur les prises en charge afin que soient respectés les publics et les personnels.
    Nous n’oublierons pas les réponses brutales apportées à des années d’implication professionnelle sans faille, à toutes ces heures de travail effectuées bénévolement dans l’intérêt des personnes suivies et du service public.
    Nous n’oublierons pas ces rencontres avec les élus, les journalistes et tous ceux qui nous ont soutenus.
    Nous n’oublierons pas les distributions de tracts, les réunions passionnées sur l’avenir de notre profession, les solidarités développées au sein des services.
    Nous n’oublierons pas les CRS de la place Vendôme.
    Si la DAP était vraiment conséquente, elle s’appuierait sur notre capacité à défendre, tous ensemble, notre métier et notre éthique pour en faire un outil au service du public. Au lieu de cela, l’administration prend le risque de voir une profession toute entière travailler à reculons !
    Cette mobilisation, quelle que soit son issue, doit nous permettre de préparer celles à venir !
    Loin de calculs électoralistes, nous sommes persuadés que la force d’une organisation syndicale vient de ses militants, et de sa capacité à rester fidèle à la base. C’est l’organisation que nous continuerons à construire !
    Nous sommes convaincus que notre méthode était la seule à même de garantir une légitimité démocratique au mouvement et que la consultation régulière des services était une nécessité. Nous poursuivrons dans cette voie.
    Merci à nos militants, travailleurs sociaux, personnels de surveillance, personnels administratifs, unions locales ou départementales qui nous ont aidés dans cette lutte.
    Merci aux organisations politiques, syndicales et associations qui nous ont apporté leur soutien.
    Merci enfin à tous ceux qui se sont mobilisés et qui se sont reconnus dans les valeurs que nous portons.
    Nous appelons l’ensemble des collègues à manifester leur solidarité financière avec les services touchés par la répression et vous invitons à organiser des collectes régionales dans ce but.

Nous poursuivrons la lutte pour la levée des sanctions.
LE COMBAT CONTINUE !
RENDEZ-VOUS EN SEPTEMBRE !

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