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Nombre de détenus en Juillet 2016... Record battu ! Il faut un décret de grâce !

mardi 19 juillet 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Les statistiques mensuelles des personnes écrouées et détenues en France au 1er juillet 2016 viennent de paraitre.
Avec 69375 détenus pour 58683 places opérationnelles, ce mois de Juillet détrône le mois d’avril 2014 (68 859) : Le record du nombre de détenus dans les prisons françaises est tombé ! Avec 1648 matelas au sol, là-aussi, « on explose les compteurs » !
La densité pénale est en hausse importante : 119 % globalement dont 142 % en maison d’arrêt, avec quelques taux plus que menaçants : Fresnes : 185 % ; Nanterre : 186 %, Meaux : 174 % ; Villepinte : 180 % ; Nîmes : 205 % ; Perpignan : 190 % ; La Roche sur Yon : 205 % ; Fontenay le Comte : 220 % ; Douai : 181 %. Et entre 200 et 300 % dans plusieurs établissements d’outre-mer !
Par ricochet, nous assistons à un prolongement de la chute du nombre de personnes écrouées en aménagement de peine (Semi-liberté : - 6,2 %, PSE : - 0,5 %, placement extérieur : - 4 %) et des libérations sous contrainte par type d’aménagement (- 19,8 % en tout).
Les principales causes sont à nouveau faciles à repérer : L’augmentation du nombre de détenus se poursuit depuis janvier 2016. Elle est mêlée à une hausse continue du nombre de prévenus depuis janvier 2016 et plus globalement, depuis novembre 2015 où le durcissement de la justice est net. En parallèle, nous assistons à une hausse des condamnés due essentiellement à l’allongement de la durée de la détention, ancrée à un recours plus important à l’incarcération pour des condamnés à des courtes et moyennes peines de moins de trois ans.
Face à cette poussée carcérale qui augmente depuis des mois, il est temps de tirer le signal d’alarme : Indépendamment des perspectives de constructions que devait annoncer le Garde des Sceaux (visiblement repoussé à septembre), il y a urgence à trouver une solution !
Car tout simplement, tout plan de construction annoncé aujourd’hui verrait au mieux des perspectives d’ouvertures d’établissements dans 6 ans. Au rythme où vont les incarcérations, ne risquant pas de faiblir au regard des terribles évènements de Nice qui vont durcir à nouveau l’ensemble de la chaîne pénale, la CGT Pénitentiaire est très inquiète pour le quotidien de nos collègues dans ces « marmites infernales » que deviennent nos prisons !

A nouveau, la CGT Pénitentiaire le réaffirme : Sans vouloir « vider les prisons », il y a un premier axe urgent à tenir en direction des courtes peines : au 1er janvier 2015, 36% des personnes écrouées condamnées exécutaient une peine de moins d’un an, cette proportion s’établissant à 65 % en y ajoutant les personnes exécutant une peine inférieure à trois ans. Nous sommes loin du quantum de peine prévisible pour les grands criminels et les terroristes qui font la « Une » et qui pourtant, occupent toute la sphère publique et modèlent et durcissent l’ensemble de la politique pénale « à leur image ».
Si bien évidemment, les questions de sécurité sont fortes pour nos concitoyens, la CGT Pénitentiaire pense qu’il faut avoir le courage de poser publiquement la question des alternatives à l’incarcération et des aménagements de peine pour les peines les plus courtes.
S’il ne s’agit pas de « mettre tout le monde dehors », il faut œuvrer pour retirer le caractère criminogène à la prison, donc lutter contre les récidives et permettre de baisser le niveau des détentions. Ce qui accroîtra la capacité de nos collègues à exercer mieux leurs missions de service public en direction des détenus qui posent le « plus de problèmes ».
Par ailleurs, c’est en responsabilité que la CGT Pénitentiaire demande que soit étudié un décret de grâce visant à anticiper certaines sorties pour les peines les plus courtes !

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