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Nouveau laboratoire d’idée à la réunion : Les travailleurs sociaux chargés des escortes

vendredi 28 octobre 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Un magistrat de l’application des peines de la réunion a décidé d’accorder une autorisation de sortie sous escorte à une personne détenue au centre de détention du Port.
Face à la pénurie de moyen des forces de gendarmerie, il a été décidé que cette escorte serait pénitentiaire.
Le chef d’établissement et le DFPIP se sont entendus pour décider que l’escorte serait composée d’un surveillant et d’un travailleur social, sans qu’à aucun moment les collègues TS n’aient été consultés. Le DFPIP a donc donné son accord pour engager le service dans cette décision.

Conséquence : le collègue se voit demandé de participer à une escorte au caractère exclusivement sécuritaire.

CE N’EST PAS LE BOULOT DES TRAVAILLEURS SOCIAUX

Cette prise de position inacceptable et inconséquente de la part du DFPIP témoigne de sa soumission béate aux injonctions de l’autorité judiciaire, qui a de fait obtenu son assentiment, sans aucune prise de considération pour les risques encourus par les collègues.
De plus, elle témoigne de son plus total désintérêt pour le sens des missions des travailleurs sociaux, et engage la crédibilité du service vis-à-vis de la direction de l’établissement et des autorités judiciaires.
Enfin elle conduit à créer un contexte qui ne permettrait pas de réagir à certaines situations, mettant en danger la personne détenue elle-même

La CGT Pénitentiaire a saisi l’administration le 26 octobre de cette affaire. La hiérarchie pénitentiaire, tant à la DAP qu’à la MOM, reconnaît que cette décision aurait mérité plus de concertation et interroge sur le fond, mais personne se positionne clairement pour demander au magistrat à ce qu’elle soit révisée.

Monsieur Laurent RIDELL, Directeur de la MOM à la CGT Pénitentiaire, le 27 octobre

Aujourd’hui encore, après que les autorités compétentes se soient concertées, on en arrive à la conclusion aberrante que tout le monde (comprendre : à l’exception du DFPIP de la Réunion) considère cette décision peu judicieuse sur le fond, mais que le cadre légal et règlementaire le permet (ce qui reste discutable).

Pour la CGT Pénitentiaire, les choses sont claires : la décision de faire appel à un travailleur social pour participer à une escorte sans que rien sur le fond ne justifie de sa présence n’est pas acceptable. En ne reconnaissant pas cette évidence, et en ne prenant pas en considération les craintes soulevées par les professionnels les plus à même d’apprécier de la situation, les autorités pénitentiaires prennent le risque d’ouvrir la boite de Pandore.

Les éléments déjà communiqués à l’Administration, et ceux à venir dans les heures prochaines, qui montreront à quel point la décision du DFPIP relève de la plus totale incurie, doivent aboutir à ce que le magistrat mandant, à l’appui des explications des responsables pénitentiaires, révise cette décision.

Ce n’est pas à l’administration pénitentiaire de se substituer aux forces de Gendarmerie, comme c’est malheureusement trop souvent le cas. Les personnels de surveillance en font quotidiennement les frais.
Ce n’est pas non plus aux travailleurs sociaux de se substituer à la pénurie de moyens en personnels de surveillance, et de se voir demander d’assumer des missions de garde et de sécurité.

A force de vouloir recentrer à tout prix les missions des travailleurs sociaux au gré des climats politiques et des contraintes budgétaires, on en arrive à les réduire à n’être que de simples exécutants corvéables à merci. Sans compter la difficulté croissante qu’ils ont à trouver le soutien de leurs hiérarchies, plus enclines à céder systématiquement à la moindre demande des chefs d’établissement et des magistrats qu’à défendre l’intérêt de leurs agents, décrédibilisant et affaiblissant par là-même le rôle et la place des SPIP au sein de cette administration.

Puisqu’il faut deux personnels pénitentiaires pour assurer cette escorte, le DFPIP, qui a adopté sans en mesurer les conséquences catastrophiques cette position ahurissante, n’a qu’à s’en charger lui-même.

DE TOUTE FAÇON IL N’AURA PAS LE CHOIX :

LES TRAVAILLEURS SOCIAUX DU SPIP DE LA REUNION N’IRONT PAS.

Montreuil, le 29 octobre 2011

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