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PERSONNELS DE SURVEILLANCE : Organisons la riposte et le rapport de force contre le budget 2011 !

mercredi 6 octobre 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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PERSONNELS DE SURVEILLANCE : Organisons la riposte et le rapport de force contre le budget 2011 !

L’annonce du projet de budget 2011 pour l’administration pénitentiaire, et notamment, pour les personnels de surveillance, n’est malheureusement pas une surprise pour la CGT Pénitentiaire qui n’a eu de cesse d’alerter les collègues sur cette question.

Derrière le flou des quatre lettres RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) se cache une machine à détruire le service public : un nouveau pas a été franchi contre les personnels de surveillance de l’administration pénitentiaire.

En juin 2010, sous la présidence de François Baroin, se tenait un conseil de modernisation des politiques publiques dans le cadre de la RGPP. Parmi ces 150 mesures nouvelles, le conseil actait entre autre pour la pénitentiaire, la suppression des miradors dans certains sites et le transfert des missions d’escortes et de transfèrement judiciaire sur la Pénitentiaire.

Le projet de loi pénitentiaire est donc à lire au regard de ces questions.

Le volet « emplois » du budget 2011 pour les personnels de surveillance est catastrophique. Ce serait 1027 emplois de personnels de surveillance créés pour remplacer les départs à la retraite et ouvrir des nouveaux établissements dont nous savons par expérience, que leurs organigrammes d’ouverture sont sous évalués.

A cela s’ajoute l’information depuis la réunion du 4 octobre 2010 avec le directeur de l’administration pénitentiaire, que le pire est encore devant nous puisqu’il nous informe que, sans emplois nouveaux ou insuffisants, nous allons :

-  Dès la fin du 1er semestre 2011, prendre en charge la garde des UHSI de Bordeaux, Lille et Nancy (environ 100 emplois) ;
-  Récupérer la sécurisation du ministère (30 emplois) ;
-  A partir du 1er janvier 2011, dans un délai de trois ans, récupérer les missions d’escortes et de transfèrements judiciaires sur l’administration pénitentiaire, ceci, à compter de l’écrou. Il est évoqué une expérimentation sur deux directions interrégionales : 800 emplois sont annoncés en compensation sur 3 ans alors que le besoin est évalué à 3000 !

Il y a de quoi ressortir groggy d’une telle énumération, ce qui est d’ailleurs le cas puisqu’il est clair qu’Hortefeux a gagné par KO contre Alliot-Marie, incapable de défendre les siens, nous nous en expliquons :

A la lecture de différents documents ministériels, nous apprenons que depuis plusieurs mois, une discussion est engagée entre Hortefeux et Alliot-Marie sur ces transferts de compétences. Au passage, c’est une discussion notamment ouverte par les syndicats de Police qui, sans vergogne, appellent de leurs vœux ces transferts qui leur permettraient de redéployer 1000 emplois sur le ministère de l’intérieur, combattre le non paiement des heures sup. faites dans la Police Nationale et le non remplacement d’agents.

Aucune discussion n’a été engagée au sein du ministère de la Justice, aucun débat contradictoire n’a été mené entre les deux ministères sur la nature des missions et sur QUI devait les exercer. Au contraire, Alliot-Marie déclarait il y a peu qu’il n’y avait aucune urgence sur ce dossier.

Mais depuis, la RGPP et les choix budgétaires immédiats sont passés par là et le gouvernement a concrètement tranché en faveur d’Hortefeux, au détriment des personnels de surveillance.

S’il ne fallait qu’une seule preuve, elle serait à lire dans le contentement sur cette question du ministre de l’Intérieur qui se gargarisait ce matin sur France Inter d’avoir refilé les « charges indues » comme il les appelle, aux personnels de surveillance.
Comme autre preuve, il faut lire les communiqués des syndicats de Police qui crient à la victoire. Visiblement, le « déshabiller Pierre pour habiller Paul » leur convient, organiser la solidarité et revendiquer des emplois supplémentaires pour assurer leurs missions semblent leur être apparus comme une voie inutile ou trop difficile à emprunter.

Dans la répartition des miettes, c’est du chacun pour soit !

Par ricochet, pour assurer les nouvelles missions sans emplois nouveaux, la conséquence est lourde : ce n’est pas moins de près de la moitié des postes proposés à la CAP de novembre qui va être retirée ! Il ne resterait environ que 200 postes à distribuer dans les différents établissements.

Dans une telle situation, pourtant déjà très dégradée dans nos établissements, comment les surveillants vont-ils faire pour :
-  Assurer la sécurité des personnes et du service public ?
-  Tisser du lien social à l’intérieur des établissements pour détecter les risques ?
-  Assurer les actions de prévention ?
-  Concourir à la réinsertion ?
-  Répondre aux nouvelles missions qui s’empilent ?
-  Garantir leurs repos donc leur vie de famille ?
-  Réduire leurs heures supplémentaires que la DAP ne veut plus payer pour certains agents ?
-  Retourner dans leurs régions en mutation ? etc.…

Ne pas laisser faire !

Par le biais de sa secrétaire générale, la CGT Pénitentiaire propose à l’ensemble des syndicats pénitentiaires une rencontre unitaire visant à débattre de cette situation, à examiner les convergences revendicatives et les moyens de l’action.

La CGT Pénitentiaire appelle l’ensemble des militants à tout mettre en œuvre pour provoquer le débat dans les établissements et services, en assemblées générales, pour organiser et impulser la mobilisation.

Dès lors, la CGT pénitentiaire appelle les sections au boycott des différents CTP sur les terrains.

Il faut une riposte massive !

Seul le rapport de force comptera !

Montreuil, le 6 octobre 2010

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