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PFI... L’anarchie ?

lundi 17 juin 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

L’anarchie, c’est du moins ce que l’on pourrait penser face à l’autogestion revendiquée de chaque département d’une PFI. Mais là s’arrête malheureusement la comparaison qui pourrait être faite avec cet idéal, même sans avoir jamais lu Berdiaev.

De quelle nébuleuse sont donc issues ces entités censées amener l’efficience maximale via la rationalisation des moyens ; un gain formidable de performance à moindre coût ?

Faut-il à nouveau évoquer la multiplication des structures, des strates, et celle encore plus flagrante des moyens humains (augmentation des effectifs affectés au DEBC et maintien d’effectifs dans les directions) ?

Mais revenons à la nébuleuse. Les structures administratives étant sans doute jugées trop lourdes, désuètes, la modernisation a donc consisté à centraliser des services sur des pôles délocalisés.
Regrouper des services totalement distincts sur des mêmes lieux en conservant à chacun son autonomie de gestion, avec une direction hyper centralisée, soit des responsables de département n’ayant pour gestionnaire que des services centralisés divisés par secteur et non par fonction (soit quatre services RH différents pour les agents d’une même PFI).

Vous n’avez rien compris ? Les agents des PFI non plus !

Mais continuons. Une administration moderne et performante est aussi, de façon incontournable, une administration responsable et écologique.

Trois des quatre départements composant une PFI ont pour mission d’intervenir quotidiennement sur l’ensemble du territoire couvert : immobilier, informatique et ressources humaines (AS, médecin de prévention, ACMO).

Manque de véhicules pour exercer les missions ? Qu’à cela ne tienne, les agents sont invités, fort civilement, à utiliser les transports en commun, réservant les véhicules administratif au déplacement de matériel !

Vous n’avez rien compris ? Les agents des PFI non plus !

Essayons de visualiser concrètement les choses.

Sur une région telle que celle du Nord, recouvrant trois régions administratives, cela représente une quarantaine d’agents en déplacements réguliers, et huit véhicules à disposition, dont 6 à Lille et 2 à Amiens.
Cas particulier : des agents habitant près d’Amiens, et qui, efficience oblige, sont dans l’obligation de venir sur Lille prendre, et ramener, un véhicule pour un déplacement en Picardie !!!

Toujours sur Lille, à chacun son terrain de jeu, un autre effet de cette gestion déconnectée : il aura fallu attendre plus d’un mois après une ouverture de la PFI, pourtant différée pour voir apparaitre un four micro-onde dans le cagibi que l’on ose appeler cafétéria, le réfrigérateur étant lui en cours de commande, ou de livraison allez savoir, il est vrai que c’es un matériel tellement rare que l’approvisionnement en est difficile, et une intense recherche est menée, par les services centraux, afin de définir le marché de plus avantageux pour … fournir de l’eau aux agents !

Ces délais extrêmement brefs (dixit un responsable) auront pourtant été suffisants pour que déjà des collègues s’interrogent de ne pas, de ne plus avoir les moyens de travailler correctement ; pour qu’ils se questionnent sur ce qui pourrait encore donner un sens à leur travail. Le cœur du travail, pour eux, ce n’est pas un mot, c’est un ressenti.

Les agents ont perdu leurs repères et n’ont retrouvé aucun point d’ancrage.
Les responsables ne sont pas les décideurs et les interlocuteurs ne sont, et seront jamais ni l’un ni l’autre.
La perspective hiérarchique est faussée et les moyens qui étaient affichés s’écaillent comme une piètre peinture dorée apposée sur un support corrodé.

Cette organisation, ou inorganisation, est en train de faire imploser toutes les valeurs qui ont fait le socle républicain et si spécifique de la fonction publique française.

Subrepticement, ces nouveaux cadres intermédiaires se métamorphosent en leaders frais émoulus de HEC.
Ainsi la déroute massive de cette mutation, outre qu’elle pousse certains à adopter des comportements inadaptés, génère spontanément une sensation d’instabilité et donc une malaise.
Ce malaise grandissant tient à la fois à l’absence de clarification des missions, des visions et des valeurs qui sous-tendent l’action des organisations administratives, et à l’absence valeurs communes.

Conséquence, les agents se retrouvent en souffrance grandissante, les solidarités des collectifs de travail volent en éclat. Chacun cherche désormais un sens à son travail lequel n’est plus évalué qu’au travers d’indicateurs totalement abscons pour ne pas dire nébuleux.

Non, décidément, les PFI ce n’est pas l’anarchie, c’est un non-sens, une ineptie !

Lille, le 17 avril 2013
Les syndicats CGT du Ministère de la Justice

PFI... L'anarchie ? - PDF 282.1 ko PFI... L'anarchie ? 17 juin 2013, PDF 282.1 ko
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