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PRESENTATION DU BUDGET 2012 A LA DAP

mercredi 12 octobre 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

La Direction de l’administration pénitentiaire a présenté hier la déclinaison du Projet de Loi de Finances 2012 aux organisations professionnelles.
Dans la droite ligne de l’annonce faite le 29 septembre par le Ministre de la Justice, ce budget nie les réalités des terrains et les besoins criants en personnels et en moyens budgétaires.

Les politiques budgétaires libérales de ces dernières années ont engendré une proportion grandissante et non maîtrisée de dépenses dites « incompressibles », dont seuls profitent les opérateurs privés. C’est ainsi que ce budget de 3 milliards d’euros fait principalement la part belle aux Partenariats Public Privé (PPP) et autres contrats de gestion déléguée, alors que surpopulation pénale et les charges de travail exponentielles riment avec dégradation des conditions de travail et des conditions de prise en charge.

Concernant les recrutements, des ordres de grandeur ont été évoqués :
- 1033 personnels de surveillance et 59 officiers.
- 47 CPIP, 6 ASS, 6 CTSS et 65 DIP.
- 122 adjoints administratifs, 68 secrétaires administratifs et 12 attachés.
- 32 adjoints techniques, 11 techniciens et 13 directeurs techniques.
- 15 DSP.

Attention : les recrutements ne signifient pas des créations d’emplois. Bien au contraire : pour certains corps, tous les départs à la retraite ne seront sans doute pas remplacés (CPIP, ASS et personnels techniques par exemple).

Pour les personnels de surveillance, c’est seulement 115 créations d’emplois, qui ne pourront même pas suffire à pourvoir les nouveaux établissements, et qui seront en partie aspirés pour assurer le transfert des missions d’extractions judiciaires (vu que la compensation venant de la police est notoirement insuffisante).

Pour les personnels administratifs, les recrutements ne tiennent pas compte des 148 emplois qui seront transférés vers les plateformes, et sont bien insuffisants pour combler les besoins existants.

Pour les travailleurs sociaux, il est incroyable de noter que, comme nous le disions il y a déjà deux ans, les choix opérés pour la réforme statutaire ont des conséquences révoltantes. En l’occurrence, les modalités retenues conduisent l’administration à privilégier le « Dipage » des CSIP (en recrutant des DIP) plutôt que de renforcer des équipes de CIP et d’ASS en sous-effectif.

Pour les personnels techniques, on assiste à une asphyxie continue des corps de la filière.

La CGT Pénitentiaire est totalement opposée au budget présenté. Nous ferons valoir nos arguments et notre connaissance de la réalité du terrain auprès des parlementaires. Nous avons par ailleurs posé des questions à la DAP qui sont restées sans réponses :

- Combien de retraités recrutés pour la réserve civile, pour quel coût et sur quelles lignes budgétaires ?
- Quid du devenir des personnels contractuels ?
- Pourquoi l’apparition d’indicateurs de performance aussi absurdes ?

La Direction de l’administration pénitentiaire est aussi restée muette sur ses projets de déclinaison de la RGPP, notamment la fermeture des miradors.

Fidèle au dogme libéral du gouvernement, peut soucieux du nécessaire capital humain nécessaire aux métiers pénitentiaires, le budget présenté sert les intérêts des groupes privés et du patronat, au détriment du service public, des personnels et des usagers.

Le devenir de ce projet de loi de finances est désormais dans les mains des députés et des sénateurs. Seule modification d’ores et déjà prévue par le gouvernement : une loi de programmation « relative à l’exécution des peines » devrait venir compléter le budget 2012.

La dégradation des conditions de travail est partagée par tous les personnels, dans tous les établissements et services.

Nous continuons à réclamer un plan d’urgence pour la justice.

Montreuil, le 11 octobre 2011

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