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Plan d’action « TAUBIRA » : Lutte contre la radicalisation

vendredi 6 février 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, réunissait le jeudi
5 février 2015, les organisations professionnelles pour leur faire part de son plan
d’action en faveur de la lutte contre la radicalisation.

Le format de cette réunion ne permettait pas d’entrer dans le détail des emplois et
des crédits, ni d’évoquer plus au fond les questions liées aux métiers et aux
formations. Ceci a été renvoyé sur les différentes directions du ministère qui doivent
apporter davantage de précisions et organiser les consultations.

La CGT diffuse ci-après les éléments comme rapportés par la Ministre et ses
directeurs d’administration. L’utilisation des crédits donnée ci-dessous se fera
sur la période 2015 – 2017.

- L’expérimentation Fresnoise va être étendue à deux autres
établissements dans lesquels seront créés des quartiers dédiés. Osny et
Fleury sont pressentis. Une réflexion est en cours pour y adjoindre Lille-
Annoeullin. La ministre indique que l’expérience de Fresnes ne sera pas ce qui
sera mis en place en terme de contenu.

- Pour faire face à la recrudescence de formations actuelles et à venir, une
antenne ENAP sera ouverte à Fleury Mérogis (ancien site de l’ENAP).

- Sur les 950 emplois supplémentaires consacrés à la lutte contre le
terrorisme au cours des trois prochaines années au Ministère de la Justice, le
nombre d’emplois dévolu à la Direction de l’Administration Pénitentiaire
est de 483, répartis comme il suit :
• 237 pour la sécurisation des sites (Création d’équipes légères d’intervention sur
certains établissements pénitentiaires– traducteurs, brigade cynotechnique
supplémentaire) ;
• 114 pour le renforcement du renseignement pénitentiaire dont notamment : 44
officiers – 14 CPIP en DISP – 22 emplois d’informaticiens – 11 emplois
d’informaticiens en DISP chargés de suivre les réseaux sociaux ;
• 123 emplois au renforcement des quartiers dédiés dont recrutements de PS –
PA – psy et éducateurs.
• 9 emplois au renfort de l’ENAP.

Mais aussi, pour la DAP, hors titre 2 (titre budgétaire qui régit les personnels), 80
millions d’euros de crédits d’investissement, d’équipement et de
fonctionnement seront consacrés à ce plan de renforcement, au cours des 3
prochaines années, pour :

- Le renforcement de 60 aumôniers musulmans qui viendront au
renforcement des 182 existants.

- L’achat de matériels de brouillage téléphonique, de moyens de
communication plus performants, l’aménagement des quartiers dédiés, la
prise en charge de prestations, etc…

Clairement, il est très difficile de s’y retrouver dans ce genre de réunion et apprécier
si les masses d’argent et d’emplois débloquées seront suffisantes, d’autant que rien
ne garantit à l’heure actuelle que sur l’emploi notamment, les effectifs soient
réellement supplémentaires.

Mais à priori, il reste pour la CGT quelques attentes que la DAP devra prendre en
compte au CTAP du 10 février qui devrait aborder cette question. Selon nous, la
DAP doit éclaircir la question des missions et celle de la formation. Surtout, il
semble que peu est fait pour le renforcement des emplois de détention, là où les
surveillants notamment doivent être au coeur du dispositif.

Comme nous n’avons de cesse de l’expliquer sur ce dossier, les pouvoirs publics
doivent entendre qu’aujourd’hui, la surpopulation pénale est trop importante. En
même temps, les effectifs des personnels de détention ne suivent pas et ne nous
permettent pas, déjà, de faire toutes les autres missions convenablement. Pour la
CGT, si la nouvelle politique pénale n’a pas plus d’effets et si des emplois en
détention ne sont pas créés plus massivement, tout plan d’action et de formation sera
complexe à mettre en oeuvre.

Car pour nous, l’effort de tout plan doit être mis également et massivement sur
le renforcement des effectifs afin que nous soyons en capacité de dispenser des
formations initiales et continues auprès de nos collègues. Aujourd’hui, personne
n’est en capacité, faute de formations et de repères clairs, de répondre à ces enjeux.
Pour la CGT, il est urgent de repenser le travail pluridisciplinaire dans les détentions
en fidélisant mieux les collègues dans des unités de vie où ils suivraient des mêmes
groupes de détenus sur des cycles à déterminer. Il faut « armer » ces collègues en
créant des outils de repérage simples des détenus à comportements radicaux risqués.

La sécurité et les moyens de détections et protections sont essentiels. La CGT le
revendique. Mais tout autant, la réussite d’un tel plan passe par la capacité
donnée à nos collègues de détention d’avoir du temps à consacrer à ces
phénomènes. La réussite de ce plan passe donc aussi par de l’emploi nouveau
au coeur des détentions et une formation initiale et continue solide

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