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Plan pour la sécurité des établissements pénitentiaires
La ministre reçoit Syndicats et Directeurs

lundi 3 juin 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Ce jour, madame Taubira, Garde des Sceaux, conviait les organisations syndicales représentatives ainsi que l’ensemble des directeurs interrégionaux et les chefs d’établissements à la présentation de son plan de sécurité dans les établissements pénitentiaires.

La CGT Pénitentiaire déplore et réaffirme, qu’il a fallu malheureusement à nouveau un événement de plus, comme celui survenu à Sequedin le 13 avril dernier, pour que des moyens puissent être déployés.

La ministre nous annonce un budget de 33 millions d’euros cette année pour renforcer la sécurité de nos prisons :

Les moyens matériels :

  • -12 millions d’euros pour le renforcement du dispositif de lutte contre les projections dans 30 établissements recensés comme ayant un fort taux de projection : filets, glacis, concertina, vidéo-protection ;
  • -20 portiques à ondes millimétriques (scanner corporel à 160000 euros pièce), installés dans l’ensemble des maisons et quartiers centrales, et dans 9 maisons d’arrêt accueillant des personnes détenus à profil sensible ;
  • -282 nouveaux portiques à masse métallique (145 installés en 2013 et 137 en 2014) et 393 détecteurs manuels, pour renforcer les contrôles, à la sortie des parloirs, promenades et ateliers ;
  • -2 nouvelles équipes cynophiles ;
  • -400 brouilleurs téléphoniques.

Les pratiques professionnelles et la politique pénitentiaire :

  • -Partenariat renforcé (avec les douanes et les forces de sécurité intérieures) pour les contrôles des personnes pénétrant dans les établissements ;
  • -Rédaction d’une circulaire pour les DPS (Détenus Particulièrement Signalés) qui définira les modalités de prise en charge de ces détenus, elle sera finalisée avant la mi-juin ;
  • -Formation des agents : révision de la formation initiale et continue sur les notions et les gestes de sécurité de base ;
  • -Renforcement du renseignement pénitentiaire ;
  • -Élaboration d’un plan Maisons Centrales : la sécurité ne peut se résumer à des systèmes passifs. Il convient donc de remettre le surveillant au centre du processus de socialisation des détenus. Des groupes de travail sur les métiers pénitentiaires et le rôle des surveillants au sein des détentions seront organisés (contenu du PEP, définition d’une politique de ressources humaines adaptée, pluridisciplinarité) ;
  • -Prise en charge globale de la personne détenue : le projet de réforme pénale limitera les courtes peines d’emprisonnement, favorisera les aménagements de peine.

Si la présentation générale du plan sécurité des établissements pénitentiaires peut paraître contenir beaucoup de propositions, il n’en demeure pas moins que le compte n’y est pas !

En effet, l’augmentation des moyens matériels peut paraître positive, mais elle n’est cependant pas suffisante. Tous les établissements n’auront pas de portiques à ondes millimétriques ; seuls 20 en seront équipés, ce qui fait seulement 1 sur 10 !

La problématique des fouilles intégrales reste donc d’actualité dans 9 établissements sur 10. La CGT Pénitentiaire réaffirme que les fouilles intégrales doivent donc être maintenues dans ces prisons en l’absence des dispositifs adaptés.

Par contre, la révision des pratiques professionnelles nous intéresse particulièrement, notamment en ce qui concerne le rôle du surveillant en détention : « le surveillant au centre du processus de socialisation des détenus ». La CGT Pénitentiaire réaffirme qu’il est aussi essentiel d’apporter une solution rapide pour pallier au manque d’effectifs.

Par ailleurs, à la CGT Pénitentiaire, nous pensons que la sécurité pourra être enfin assurée à la seule condition que la réflexion et les propositions traitent simultanément :

* du contenu des missions des personnels de surveillance,

* de la place et du rôle du surveillant dans la prison,

* du sens de la peine et du rôle de la prison dans la société,

* des effectifs en personnels pour accomplir de manière digne toutes les missions,

* de la politique pénale et de la politique pénitentiaire ;

* des moyens matériels nécessaires dans tous les établissements pénitentiaires.

Malgré toutes les réserves que la CGT Pénitentiaire peut émettre sur ce plan de sécurité, elle entend participer activement aux réunions et aux groupes de travail initiés à cette occasion sur les métiers pénitentiaires et le rôle des surveillants au sein des détentions.


La CGT Pénitentiaire, syndicat de luttes, s’impose aussi comme force de propositions.

Montreuil, le 3 Juin 2013

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