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Politique Pénitentiaire : Il faut changer de cap !

vendredi 25 janvier 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le 11 janvier 2013, une délégation nationale de la CGT Pénitentiaire rencontrait Christiane TAUBIRA, garde des sceaux, ministre de la justice.
La rencontre fut, au départ, très fraîche. En effet, la CGT porte la voix des personnels de surveillance, leurs revendications, leurs mécontentements, leurs situations au quotidien, leurs interrogations … Il n’est, en effet, pas possible de passer sous silence toutes les contraintes et souffrances subies par les personnels.

C’est ainsi que nous abordons ces rencontres ministérielles, sans concession, tout en étant à l’écoute des propositions de la ministre sur la politique pénale et pénitentiaire.
Même séduisant, le discours n’est pas suffisant. Aujourd’hui, les actes sont nécessaires et indispensables pour un véritable changement, celui tant promis par ce gouvernement.
La politique entreprise doit permettre la fin de la surpopulation pénale, de l’insécurité, du délitement des métiers, des rapports hiérarchiques détestables, de l’absence de démocratie, de la souffrance au travail, des statuts obsolètes, des organigrammes au rabais, etc.

Pour la CGT Pénitentiaire, quelques thématiques importantes sont à aborder rapidement. Elles ne sont pas exhaustives mais fondamentales et urgentes :

Missions-Statuts-Salaires-Indemnitaire :

La CGT Pénitentiaire milite, depuis de longues années, pour une revalorisation des statuts des personnels de surveillance et de leurs missions, pour une amélioration des rythmes de travail et de leurs conditions de travail. Ces discussions doivent se mener dans un cadre légal, selon les nouveaux dispositifs de dialogue social.
La CGT Pénitentiaire a été entendue sur cette question : depuis le 8 janvier, une négociation a débuté sur ces questions entre l’administration et les syndicats représentatifs (CGT- FO – UFAP). Une première étape sera franchie, fin mars, avec la proposition d’un protocole d’accord soumis à l’appréciation des syndicats dès le 28 février 2013. A cette occasion, la CGT consultera ses adhérents avant de se prononcer sur cet accord. Ce premier pas doit, bien évidemment, permettre des revalorisations salariales et des changements conséquents des contenus de nos missions. Cela suppose une autre politique pénale, axée sur l’insertion et le social.

Emploi :

La CGT Pénitentiaire plaide pour une refonte des organigrammes en remaniant les ratios d’encadrement des détenus et en revalorisant le TCCBS. La CGT souhaite aussi l’arrêt de la RGPP et de ses dérivés. A ce titre, nous ne pouvons pas accepter que la fermeture de postes tels les miradors soit la variable d’ajustement de l’emploi, seul mécanisme trouvé par le précédent gouvernement pour dégager des effectifs au détriment de la sécurité. A ce sujet, la ministre nous a promis la réouverture du dossier concernant la troisième vague de fermeture d’établissements.

Carte pénitentiaire :

Celle-ci doit être revue le plus tôt possible.
La CGT pénitentiaire s’est félicitée de la remise en cause du projet du précédent gouvernement qui faisait la part belle aux grands groupes de BTP louant à l’Etat, à un prix exorbitant, les murs de nos prisons.
Cependant, il y a nécessité d’ouvrir, en 2013, un débat sur la nature des établissements pénitentiaires que nous voulons dans notre pays, de leur capacité, de leurs modes de gestion et de leurs localisations. Il semble que la ministre partage cet avis. Elle nous a rappelé aussi les ouvertures maintenues et, à notre demande, elle est revenue sur la situation des sites ultramarins. Elle s’est engagée à publier les différents rapports sur les sites d’outre mer.

Fouilles intégrales :

Comme nous l’avions prédit, la réalité nous rattrape. Saisies par des détenus et leurs associations, plusieurs juridictions administratives tranchent périodiquement, contraignent les établissements à respecter la loi pénitentiaire.
A la CGT Pénitentiaire, notre position est extrêmement claire : tant que les moyens techniques adéquats ne sont pas mis en place, le maintien des fouilles intégrales est nécessaire. Même si les coûts du matériel nécessaire sont importants, les personnels de surveillance ne peuvent plus attendre. Ils constatent au quotidien une insécurité grandissante pour eux-mêmes ainsi que pour la population pénale.
La ministre envisage en 2013 de faire plusieurs groupes de travail sur cette question.

Extractions Judiciaires :

Environ 30% de la France pénitentiaire s’occupe désormais des extractions judiciaires. 2013 doit être l’année des choix. La ministre lance une consultation sur cette question qui va peser lourdement selon le cas de figure retenu. Cela aura un impact sur les budgets à venir et sur nos missions.

Dialogue social – Démocratie :

Pour la CGT Pénitentiaire, 2013 doit être le signe du changement. Nous ne pouvons plus nous contenter d’anciennes recettes imposées par les mêmes personnes. La Direction de l’Administration Pénitentiaire ne doit pas être un « ministère bis » mais bien une administration qui applique des directives ministérielles.

Montreuil, le 24 janvier 2013

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