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Politique des SPIP : vous avez demandé de la cohérence ? Ne quittez pas… un responsable va vous répondre.

jeudi 10 juin 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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L’administration pénitentiaire a ceci d’extraordinaire qu’elle autorise, à chacun de ses échelons hiérarchiques, une
certaine autonomie, permettant aux fantaisies les plus folles de s’exprimer. Entre la DAP, les DISP, les DSPIP, les
informations se contredisent, les pratiques des uns font fi des décisions des autres, les uns se dédisent, les autres se
désavouent… De cet imbroglio permanent et entretenu, l’administration trouve un intérêt : celui de brouiller les cartes
et d’échapper à ses responsabilités.

Ainsi, concernant les fermetures d’antennes SPIP, alors que le cabinet du garde des sceaux a invalidé les décisions de la
DAP, que les fermetures d’antennes sont suspendues et qu’aucun calendrier n’est à ce jour retenu, cela n’empêche pas les
DISP de confirmer à qui veut l’entendre que les services sont condamnés, que cela ne fait aucun doute, et que c’est tant
mieux. Certains DISP cachent même péniblement leur joie à l’idée que ces fermetures pourraient ne pas être isolées et
que, ô ! doux rêve ! , le débat sur la cartographie pourrait aboutir à supprimer un nombre beaucoup plus spectaculaire
d’antennes. Comment expliquer la teneur de ce discours, alors que, dans le même temps, la DAP prétend tout ignorer
de ces velléités ? Mystère.

Sur l’organisation territoriale des SPIP, d’ailleurs, il semble qu’il existe une marge de manoeuvre permettant de laisser
libre court à la créativité débridée de plusieurs DSPIP. La DAP semble tout ignorer des projets de restructuration alors
que des travaux sont engagés, les changements de résidence administrative sont effectués alors que les collègues sont
déjà dans les locaux… Bref, aucune décision n’échappe à leur sagacité. En attendant, les collègues de Haute-savoie,
depuis plus d’un an, sont toujours en attente d’une information fiable sur le sort qu’on leur réserve.

Autre élément de géniale contradiction : les PPR. Certes, la DAP réussit dans ce domaine à se contredire elle-même
en affirmant que les PPR sont toujours du domaine expérimental tout en les gravant dans le marbre des décrets
d’application de la loi pénitentiaire (qui n’avait rien demandé d’ailleurs). Mais de là à pouvoir observer à quel point,
jour après jour, les saints préceptes répétés du référentiel PPR sont bafoués par des DSPIP peu soucieux d’une pratique
respectueuse du dogme, il y a un pas. Les PPR doivent être discutés en équipe ? La concertation du service sur le sujet est
rarement un préalable à sa mise en place. Les PPR doivent se faire sur la base du volontariat ? C’est vrai, sauf à Rennes,
à Argentan, à Toulouse, à Toul, à Ensisheim, à Vivonne, et dans tant d’autres sites, où on inscrit d’office les collègues
sur la formation, où la pression est mise sur les équipes, où la notion de « volontariat » est toute relative. Il ne doit pas
y avoir de « pôle spécialisé PPR » ? Sauf à Dijon, qui défie tous les records en la matière et où les collègues n’en peuvent
plus d’expérimenter à tire-larigot. Les stagiaires ne sont pas sensés prendre en charge des PPR ? Sauf à Fleury ou à Laon,
où ils ont été sollicités pour les mettre en place.

Nombre d’exemples encore… La DAP est très claire : rien n’interdit les enquêtes PSE, sauf que sur la DISP de Rennes
ou de Lille, elles ne sont pas autorisées. Par ailleurs, dans d’autres DISP, mieux vaut avoir de solides arguments pour
pouvoir les effectuer. Concernant les visites à domicile, les permanences extérieures, la DAP continue de prétendre
qu’aucun frein n’existe, alors que sur plusieurs DISP les restrictions concernant les voitures de service ou les frais de
déplacements mettent ces pratiques en péril.

Visiblement, la déférence hiérarchique qui est attendue des agents n’est plus opérante passé une certaine altitude.
Visiblement, la sempiternelle recherche de « l’harmonisation des pratiques », qui justifie toutes les régressions
possibles, épargne notre encadrement. Visiblement, le souci affiché d’améliorer la lisibilité de l’intervention des
SPIP s’arrête au pied du n° 10 de la rue du Renard.

Montreuil, le 10 juin 2010

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