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Pré-affectation des CIP 14 : légitimes inquiétudes

jeudi 10 juin 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Les élèves de la 14ème promotion de CIP viennent de connaître la liste des postes qui leur seront offerts, mais les
conditions dans lesquelles vient à s’effectuer l’amphi d’affectation alimentent des inquiétudes légitimes.

Le temps nécessaire à la réflexion, est, plus que jamais, réduit à sa plus simple expression : trois jours entre la
communication des postes et l’amphi d’affectation. Pas de quoi permettre un choix serein et éclairé. Par ailleurs, le
calendrier s’accélère encore puisque les néo-stagiairisés auront simplement une semaine pour rejoindre leur lieu de préaffectation.
Là encore, le peu de temps laissé ne peut qu’engendrer une précipitation, une arrivée dans des conditions
précaires (logement, déménagement), peu propices à une entrée en matière optimale.

La direction des enseignements, rencontrée par la CGT pénitentaire, avait indiqué que des consignes seraient
transmises
aux directions interrégionales en indiquant la nécessaire « souplesse » qui devrait être respectée sur les
terrains. En clair : face aux difficultés qui seront obligatoirement occasionnées par ce calendrier, les DSPIP doivent
permettre aux stagiaires de poser des congés ou des absences afin de parer aux conséquences matérielles de leur arrivée.
Nous enjoignons d’ailleurs les stagiaires à prendre contact avec les militants locaux ou avec les référents régionaux de
la CGT afin de faire respecter cette souplesse.

Ce calendrier, extrêmement serré, est d’autant plus précipité que le choix qu’ont à effectuer les collègues est
potentiellement lourd de conséquences puisque, si le nouveau statut provenant du protocole d’accord DAP / SNEPAP
vient à s’appliquer tel que prévu, les CIP de la 14ème promotion risquent bien de se retrouver bloqués pour deux ans
sur ce poste.

Par ailleurs, une fois de plus à la CAP de mobilité de juin sont apparues de manière spectaculaires les conséquences
désastreuses de la pré-affectation.
De nombreux services (notamment de la région parisienne et du nord) sont vidés de
leurs effectifs, et se voient donc proposés aux stagiaires. Les services qui sont donc le plus en difficulté, confrontés au
sous-effectif soudain, sont donc les mêmes qui doivent assumer la responsabilité de la formation des collègues.

Le système de la pré-affectation est mis en place depuis suffisamment de temps pour que personne ne puisse nier qu’il
est profondément néfaste
. L’ensemble des terrains, des organisations syndicales, des formateurs, s’accordent pour le
rejeter catégoriquement. Ce système crée un déséquilibre territorial incompréhensible. Alors que les services avec des
effectifs stables et plus d’ancienneté ne voient jamais l’ombre d’un stagiaire, les services les plus exposés voient des
stagiaires remplacer les stagiaires de l’année précédente qui occupaient eux-mêmes un poste de titulaire ! De plus,
ce système engendre des inégalités et des difficultés dans la formation des stagiaires. Un certain nombre d’entre eux
arrivent dans des services où la configuration fait que « montée en charge progressive » et « limitation des dossiers »
sont des contes à dormir debout pour qui veut bien croire qu’un tel désordre peut être aménagé. Comment, dans
ces conditions, permettre une transmission satisfaisante de notre culture professionnelle ? Comment garantir une
formation cohérente, adaptée et respectueuse de l’évolution des stagiaires ?

Aujourd’hui, nous avons plus que jamais le recul suffisant pour illustrer (s’il le fallait), par une accumulation de
faits, ce que la CGT pénitentiaire a toujours expliqué : à quel point le système de la pré-affectation déséquilibrait les
services, qu’il obérait la possibilité d’une formation de qualité, et qu’il ne réglait en rien la question du turn-over. La
CGT va donc saisir rapidement le directeur de l’administration pénitentiaire pour que ce système catastrophique soit
remis en question dans le cadre des discussions statutaires.

Montreuil, le 8 juin 2010

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