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Prévention du suicide des personnes détenues

mercredi 9 décembre 2009  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le jeudi 3 décembre 2009, se tenait à l’administration centrale, une réunion sur la prévention du suicide des détenus, présidée par monsieur RIDEL, sous-directeur de PMJ en compagnie du professeur TERRA et des organisations syndicales.

Une présentation générale du « plan d’action du Garde des Sceaux, relatif à la prévention du suicide des personnes détenues », a été faite par le professeur TERRA :

  • Formation des personnels : Formation continue des personnels affectés dans les zones de détention sensibles ; Formation des personnels avant l’ouverture d’un établissement ; Sensibilisation de l’ensemble des personnels pénitentiaires.
  • Détection du suicidaire : Utilisation de la grille d’évaluation du potentiel suicidaire ;Mise en place d’une procédure d’accueil adaptée au quartier disciplinaire ; Formalisation des échanges avec les autorités judiciaires.
  • La protection et la postvention : Trousseau ou dotation de protection d’urgence ; Création de commissions locales pluridisciplinaires prévention suicide ; Création de fiches réflexes ; Mise en place d’une commission interrégionale de prévention suicide.

Depuis le 31 juillet 2009, des mesures ont été expérimentées dans 15 établissements, notamment :

  • Mise en place de boîtes aux lettres au sein du local d’accueil des familles et à l’entrée des parloirs pour améliorer les échanges d’informations avec les familles ;
  • Nomination d’une équipe « référence locale » chargée de la prévention suicide.

Actuellement, d’autres expérimentations sont réalisées dans des établissements :

  • Utilisation de la radio au Quartier Disciplinaire (QD) ;
  • Accès au téléphone au QD ;
  • Formation des personnes détenues au soutien d’un détenu en souffrance ;
  • Réalisation d’une cellule de protection d’urgence en détention ordinaire ;
  • Installation de la vidéosurveillance afin d’assurer une surveillance constante dans les situations extrêmes.

En ces temps très difficiles, de part la surpopulation pénale, le manque d’effectifs en personnels, les mauvaises conditions de travail et de détention, ce projet ne semble pas à la hauteur de ce qu’il faudrait pour prévenir réellement les suicides des personnes incarcérées. Malgré le professionnalisme des personnels, la situation carcérale ne favorise ni la réinsertion, ni la préparation à la sortie, ni un temps d’incarcération utile et porteur de perspectives. Ces mauvaises conditions sont malheureusement ignorées volontairement par notre administration et notre ministère. Les questions de fond sont évacuées et les ‘mesurettes’ proposées ne sont que le reflet de ce déni.

De plus, la CGT pénitentiaire a soulevé le problème des rondes spéciales en service de nuit, la fatigue que cela engendre pour les surveillants, et a demandé au professeur TERRA si cela avait vraiment un impact préventif sur le suicide de détenu. Outre la fatigue, réveiller un détenu toutes les heures et aussi son codétenu par la même occasion, génère des tensions en détention le lendemain matin à la prise de service. Le professeur TERRA nous a avoué être conscient de cela, mais qu’aucune autre alternative n’avait été trouvée pour le moment.

Les résultats des expérimentations en cours nous seront communiqués lors de notre réunion en début 2010.

La CGT pénitentiaire continuera de se battre

  • pour l’amélioration des conditions de travail des personnels ;
  • pour l’amélioration des conditions de détention ;
  • et pour un service public pénitentiaire efficace et de qualité.

Montreuil, le 9 décembre 2009

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