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Prosélytisme, radicalisme religieux et prison : La CGT Pénitentiaire communique

mardi 13 janvier 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Les tragiques évènements de la semaine précédente ont bouleversé et choqué profondément l’ensemble de nos concitoyens.

Comme a eu déjà l’occasion de l’écrire sa confédération, la CGT Pénitentiaire s’associe à la douleur de toutes les familles et proches des victimes des terroristes fanatiques.

L’émotion est toujours présente mais l’urgence commande déjà de faire partout des analyses afin que notre pays soit rapidement préservé dans son avenir, en garantissant la sécurité de nos concitoyens, dans le cadre du respect de nos valeurs républicaines.

La prison est un service public à part entière, elle a sa part de responsabilités à établir et à prendre pour lutter notamment contre les récidives et aujourd’hui, mieux prévenir toute forme de prosélytisme et de radicalisme religieux.
A l’écoute de bilans esquissés et de propositions déjà formulées hâtivement par quelques hommes politiques de tout premier plan, la CGT souhaite prendre part au débat :

• Si les événements sont dramatiques, la réponse ne doit pas être une nouvelle fois rendue par une série de mesures rassurantes publiquement mais inefficaces car impossibles à mettre en œuvre. Une fois le cap fixé par le gouvernement, la direction de l’administration pénitentiaire mettra en place un plan de lutte contre les radicalisations, la CGT s’exprimera sur ce plan à l’aune des propositions retenues ;
• Le service public pénitentiaire doit prendre sa part de responsabilité pour agir mais comme pour plusieurs maux qui la touchent, ce service public, en bout de chaine, est une conséquence de ces nombreuses difficultés. La radicalisation est déjà faite en amont la plus part du temps.
• La surpopulation pénale galopante et conjuguée à une gestion drastique des effectifs des personnels de surveillance notamment, conduit déjà ce service public dans l’impasse. Depuis des années, noyés dans une masse considérable de détenus, nos collègues ont perdu de la capacité à observer, surveiller, sécuriser, prévenir et renseigner. Il y a urgence à mettre en œuvre la réforme de la politique pénale votée par le parlement, afin de baisser significativement le nombre des détenus, par le recours aux aménagements de peines et aux alternatives. Ceci, afin de retrouver du temps pour être capable de mieux travailler, tout simplement et être en capacité d’isoler les détenus les plus radicaux ;
• Dans ce contexte nécessaire « d’allégement » des détentions, l’effort doit être mis sur le renforcement des effectifs de tout corps des équipes de détention et des services, afin que nous soyons aussi en capacité de dispenser des formations initiales et continues auprès de nos collègues. Aujourd’hui, ils ne sont pas « armés » pour répondre à ces enjeux. Galvauder une formation, comme c’est trop souvent le cas à la « va vite » sur une ou deux journée, dans le cadre actuel des détentions surchargées, c’est courir un risque d’amalgame en ayant des collègues peu ou pas au fait ;
• Il parait primordial et urgent de repenser le travail pluridisciplinaire dans les détentions en fidélisant mieux les collègues dans des unités de vie où ils suivraient des même groupes de détenus sur des cycles à déterminer ;
• Il faut selon nous également créer des outils de repérage simples à disposition des collègues dans le cadre de la détection des comportements radicaux à risque ;
• Une meilleure harmonisation des différents services publics de l’état devient urgente. Si d’ores et déjà l’administration pénitentiaire renseigne avec ses moyens les services spécialisés, des collègues affirment que le renvoi d’ascenseur des renseignements n’est pas toujours à la hauteur des enjeux posés ;
• La CGT contestera toute agrégation de détenus radicaux dans un même établissement type expérience du CP Fresnes où nous constatons les limites de ce regroupement : D’une part, l’affectation sur une unité de vie devient quasiment une carte de visite pour le détenu. D’autre part, les Imams agréés sont souvent rejetés par des détenus se revendiquant eux-mêmes représentants du culte ;
• Pour la CGT, au contraire, il faut isoler les détenus les plus radicaux sur plusieurs sites, en renforçant notre capacité de renseignement sur place et inter-établissement, en y affectant des référents spécialisés car formés, dans le cadre d’un travail avec l’ensemble des équipes de détention.

La question du prosélytisme religieux et de la radicalisation en prison est pour la CGT un enjeu considérable, ces enjeux ne datent pas d’aujourd’hui. Elle souhaite des annonces fortes et crédibles de la part du gouvernement, visant à augmenter et garantir notre capacité à travailler pour mieux prévenir et assurer la sécurité de tous les Français.

Montreuil, le 13 janvier 2015

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