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Quartier disciplinaire/isolement du CP de Condé sur Sarthe, la fête à Neu-Neu !

lundi 9 mai 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le Quartier disciplinaire/isolement du CP Condé sur Sarthe en passe de devenir un Quartier… VIP. Non content d’une politique laxiste au sein de la détention, certains membres de notre hiérarchie entendent bien qu’il en soit ainsi au QID. Les exemples corroborant nos propos s’accumulent si rapidement qu’il faut les répertorier pour ne pas en oublier.
Revenons tout d’abord à la genèse d’une situation inacceptable. En effet, alors que le QID était dépourvu de gradé depuis quelques temps, la CGT-Pénitentiaire avait alerté la Direction pour qu’une solution soit trouvée dans les plus brefs délais.
Contre toute attente, ce n’est pas une mais trois solutions qui nous ont été apportées. Pas un gradé, mais trois. Trois personnes avec trois caractères différents et trois méthodes de travail différentes. Cette cogestion à trois, a pour conséquences de désorganiser les agents QID pourtant aguerris à leurs missions et déstabiliser les détenus qui n’ont pas les mêmes droits d’un jour à l’autre. La plus importante conséquence étant le risque d’incidents liés à cette « pétaudière ». De nombreux exemples viennent corroborer nos propos :
- Pour commencer, bien que pour un détenu nécessitant une gestion en tenues pare-coups et détecteurs, les agents ne sont pas autorisés à effectuer la règle la plus élémentaire lors d’une sortie de cellule, la palpation. A croire que pour notre hiérarchie, si les agents sont en tenues pare-coups, laisser un détenu circuler hors de sa cellule avec peut être une arme artisanale dissimulée sur lui n’est plus un problème. Pour la CGTPénitentiaire, c’est inacceptable. Dans la même période, un autre détenu est quant à lui, « géré » en tenues pare-coups, détecteurs ET palpation ?!? La palpation, b.a.-ba de notre métier sécuritaire est à « la tête du client » dans notre cher établissement.
- Dans certains cas, au mépris des consignes pourtant en vigueurs, il est parfois fortement « conseillé » aux agents QID, de façon officieuse, d’appliquer une gestion non-équipée. Mais chut, il ne faut pas le dire. Imaginez la réaction du détenu qui se voit à nouveau, le lendemain, « géré » par des surveillants « équipés », uniquement parce que ce n’est plus le même gradé. A moins d’avoir un sens de l’humour exacerbé, il y a peu de chance que cette politique aléatoire amuse longtemps nos pensionnaires avec tous les risques que cela comporte pour les agents.
- Cette situation nous amène à une autre aberration, au CP de Condé sur Sarthe, un gradé est en possession sur un même trousseau, de la clé de la cellule et de la clé de la grille du QD. Ce cas de figure n’a pas lieu d’être. Là aussi, la CGT locale avait déjà alerté la Direction pour y remédier, MAIS aucune modification n’avait été apportée. Cet organigramme de clés permet à un gradé de se rendre seul, non équipé et à l’insu des agents à la cellule d’un détenu placé au Quartier disciplinaire. Bien qu’aberrante, cette situation s’est déjà produite ! Malheureusement, dans un tel cas, l’auteur se met en danger mais également l’ensemble de ses collègues. Lors du dernier CTS, la Direction a enfin décidé de prendre ses responsabilités en annonçant la fin prochaine de ce problème. Il aura fallu plus de 3 ans avant d’avoir une réaction positive, mais attendons d’en constater l’application avant de se réjouir.

- Le dépannage en tabac vaut également son « pesant d’or ». Bien que sous une gestion dite « stricte », un détenu s’est vu remettre du tabac et des feuilles à rouler par notre hiérarchie. Le fait qu’il menace régulièrement et copieusement les agents n’est visiblement pas un frein à la bienveillance de notre Administration. Un autre, lui aussi insultant et menaçant avec les agents, soit disant en « panne » de tabac, s’est vu remettre, toujours par la hiérarchie, un paquet de tabac. Il s’est avéré que celui-ci en avait déjà deux dans sa cellule, en effet, ça justifiait bien un dépannage. A ce propos, quel budget est impacté en cas d’indigence ? Ce procédé n’est qu’un moyen parmi tant d’autres pour désavouer les agents du QID.
- Les promenades méritent également un paragraphe. Tous détenus ont le droit à une heure de promenade par jour, c’est écrit dans les textes. Là encore au CP de Condé sur Sarthe, la pratique est à géométrie variable. Un détenu aura une heure, un autre deux ou trois heures, peu importe que cette faveur soit accordée à un perturbateur virulent. Ici, pas besoin de « faire ses preuves », encore moins être correct pour bénéficier des largesses de certains. Il faut seulement tomber sur le « bon » gradé. Une fois encore ces décisions décrédibilisent les agents.
- Pas plus tard que hier, lundi 2 mai 2016, mise en prévention dans l’irrespect le plus total des règles élémentaires. Pas de blocage des mouvements, aucune communication radio, PCI et PIC QID non avisés. Peu importe que cette mise en prévention intervienne durant une CDD, ce n’est sûrement pas une première au CP Condé sur Sarthe et ce ne sera sûrement pas la dernière ! Peu importe qu’un détenu soit au téléphone, ce n’est qu’un QD après tout ! Peu importe qu’un membre de la Direction soit en audience avec une personne détenue, un peu d’animation ne lui fera pas de mal ! Peu importe que les agents du QD ne soient pas préparés, faut savoir improviser ! Prévenir le PCI ? Pourquoi faire ? Pas la peine d’en faire toute une histoire, tout s’est bien passé. Ca fait peur, mais c’est la stricte réalité au CP de Condé sur Sarthe.
Ces faits sont récents et ne représentent qu’un échantillon de ce qui se passe au QID, tous à l’insu et contre la volonté des agents de la brigade QID. La fête à Neu-Neu dans un établissement dit sécuritaire. Si ce n’était pas si grave, ça serait risible.
Que penser de la place du QID au sein de notre établissement ? La CGT-Pénitentiaire est en droit de se poser la question quand un rapport inter-services datant du 22 avril 2016 n’aborde pas le QID, comme s’il ne s’y passait rien. Que penser en effet, quand le QID n’est pas associé aux journées de cohésion, au même titre que le QPA et les postes fixes d’ailleurs ? La cohésion déjà existante de cette brigade est peut-être gênante pour certains membres de notre encadrement. Leur expérience, leur connaissance du secteur, leur volonté à faire appliquer le règlement va incontestablement à l’encontre du tout permissif instauré depuis trop longtemps.
Le QID nécessite une gestion rigoureuse et adaptée, pas seulement par les agents de cette brigade, mais par tous. Comme l’a souligné notre Directeur dans sa note 159/NS/2016 : « Le surveillant est le chef de l’étage », l’Administration à le devoir de veiller à ce que ça ne reste pas des « paroles en l’air ». La CGT-Pénitentiaire se réserve le droit de porter à la connaissance du personnel du CP Condé sur Sarthe toutes informations liés aux dysfonctionnements du QID susceptibles de mettre en péril la sécurité des agents ou les désavouer.
La loi du silence instaurée au QID doit prendre fin.

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