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REFERENTIEL METIER CPIP

mardi 1er octobre 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Des discussions qui s’éternisent, un projet sans grande envergure. La CGT est intervenue pour éviter de perdre des repères fondamentaux. Cependant nous attendions d’un tel projet qu’il refonde en profondeur les exigences de formation pour correspondre aux attentes des professionnels de terrain pour s’orienter enfin, vers un diplôme qualifiant. Une fois encore, l’administration a préféré jouer petits-bras.

Après plus d’un an de concertations mensuelles, la dernière réunion sur les référentiels-métier des Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation s’est tenue à la DAP mardi 17 septembre 2013. Pilotée par le bureau RH7 (sous-direction de la formation), elle a réuni les organisations syndicales représentatives qui ont daigné participer du début à la fin à ce marathon, des professionnels de terrain (CPIP et DPIP) proposés par l’administration venus de différents services et la sous-direction PMJ.
Dès la première réunion qui s’est tenue en juillet 2012, la CGT Pénitentiaire avait exigé et obtenu de l’administration de remettre complètement à plat les travaux qui avaient été engagés exclusivement avec les signataires du protocole de 2009. Le produit qui nous a alors été présenté n’avait pour seule ambition que de proposer une formation servant à accompagner le déploiement du protocole de prise en charge construit autour du diagnostic à visée criminologique et de la « segmentation ».

Pour la CGT Pénitentiaire, la priorité était donc de remettre en avant des actes professionnels essentiels ignorés par les précédents travaux  :

l’entretien individuel retrouve sa place centrale et ne se limite plus à un entretien d’évaluation, mais bien à un temps nécessaire à la mobilisation des ressources des personnes condamnées et à l’identification des facteurs de vulnérabilité ;
le partenariat redevient un enjeu pour les travailleurs sociaux, par la réaffirmation de leur rôle dans l’évaluation des besoins des populations et le maintien des liens avec le droit commun ;
les postures professionnelles liées aux différents cadres d’intervention (établissements pour peine, milieu ouvert…) sont à nouveau prises en compte, sans pour autant remettre en cause un référentiel commun à l’ensemble des professionnels ;
les questions liées au secret professionnel et aux règles déontologiques qui régissent les relations avec les personnes condamnées et les différents acteurs ont été réintroduites ;
le niveau d’autonomie nécessaire à l’exercice de nos missions est à nouveau reconnu.

Dans les semaines à venir, les travaux vont continuer pour élaborer les référentiels métiers des DPIP. La CGT pénitentiaire portera à cette occasion sa vision d’un management enfin soucieux de l’animation et de la supervision des équipes, de l’appui technique et d’une élaboration partagée des politiques de services répondant aux besoins des publics pris en charge. Les discussions se termineront, sur proposition de la CGT Pénitentiaire, par l’élaboration d’un socle déontologique commun garantissant une intervention respectueuse des droits et des champs professionnels, indispensable à la crédibilité et à la lisibilité de l’action du service public.

Si ces travaux ont le mérite de reposer le débat sur le contenu de la formation initiale, et par extension celui sur la finalité et les moyens de notre intervention professionnelle, il est urgent de ne pas attendre encore des mois avant de prendre les décisions politiques de rupture pour refonder la formation initiale.

Les avancées obtenues restent largement insuffisantes, voire s’accompagnent de reculs inacceptables :
- ces référentiels ne sont pas une finalité en soi  : leur fonction première et de servir de support à l’ENAP pour décliner les modules de formation qu’elle proposera aux futurs élèves et stagiaires, et d’élaborer le futur arrêté de formation qui fixera le cahier des charges de l’ENAP concernant la formation initiale des CPIP (à partir de la 19ème promotion ?).
-  ils ne changeront rien au quotidien des professionnels de terrain, et excluent de manière honteuse de leur champ d’application les collègues assistants sociaux au nom du « sens de l’histoire »…

Pour la CGT Pénitentiaire, il n’est plus possible de laisser à l’administration et à l’ENAP le soin de maîtriser seules la déclinaison des contenus de formation initiale. Ils sont aujourd’hui totalement déconnectés des besoins des professionnels, de la réalité des terrains et des enjeux de service public que va imposer l’intégration des recommandations du Conseil de l’Europe relatives à la probation. Pour éviter de se reprendre les pieds dans le tapis de la « labellisation RPE », il va falloir tout remettre à plat et stopper l’appauvrissement croissant de la formation initiale : le ministère doit enfin prendre les décisions politiques contraignantes et prévoir les moyens budgétaires nécessaires à cette fin !!! Il est impensable pour nous que ce volet soit absent des débats à venir sur la future loi pénale.

Les savoirs doivent être prioritairement décloisonnés, ouverts sur les autres écoles du ministère, sur l’université, sur les écoles de formation en travail social... La formation initiale doit, pour répondre aux enjeux médiatisés par le ministère, être reconnue au-delà des murs érigés par l’administration pénitentiaire, favoriser l’émergence d’une culture professionnelle fondée sur des cadres déontologiques d’intervention partagés et lisibles par la société civile, et être sanctionnée par un titre de niveau II garantissant un socle de savoirs fondamentaux.

Les investissements dans la formation doivent devenir enfin une priorité pour conforter les pratiques, être en capacité d’analyser les problématiques des populations autrement qu’à travers une débauche procédurale. Il faudra demain pouvoir appréhender concrètement l’articulation des politiques publiques d’insertion pour répondre aux besoins des publics, et non se contenter de « dispositifs » répondant à la seule logique d’exécution formelle des peines.

Si le ministère, comme il ne cesse de le déclamer au 4 coins de la France, souhaite des professionnels des SPIP qu’ils portent cette réforme, il va falloir leur servir autre chose que des déclarations d’intentions !!! A la veille de l’ouverture de discussions sur la formation des travailleurs sociaux et la déontologie (actuellement réduite à un prétendu « code » inspiré d’un statut spécial datant de la Guerre d’Algérie…), il est urgent et nécessaire de passer la seconde !

UNE FORMATION DIPLOMANTE,
L’ABANDON DE LA PRE-AFFECTATION
UN DIPLOME QUALIFIANT
TOUT DE SUITE !!!

Refonte complète du code de « déontologie »
Abrogation du statut spécial de 1958

40 SUIVIS PAR TRAVAILLEUR SOCIAL

Montreuil, le 1er octobre 2013

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