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RÉFORME DE LA CARTOGRAPHIE PENITENTIAIRE Fermeture des petites structures Construction de grosses prisons privatisées LA RÉSISTANCE S’ORGANISE ! AMPLIFIONS LE MOUVEMENT

jeudi 16 septembre 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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RÉFORME DE LA CARTOGRAPHIE PENITENTIAIRE Fermeture des petites structures Construction de grosses prisons privatisées LA RÉSISTANCE S’ORGANISE ! AMPLIFIONS LE MOUVEMENT

DEPUIS L’ANNONCE, AU BEAU MILIEU DE L’ÉTÉ, DE LA FERMETURE SÈCHE DE PLUS D’UNE VINGTAINE D’ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES, LES RÉSISTANCES S’ORGANISENT.

Et pour cause ! Comme nous le disons depuis plusieurs mois, ce nouveau plan de révision de la carte pénitentiaire est guidé par la volonté d’appliquer la RGPP (révision générale des politiques publiques) dans notre administration : fermeture des petits établissements, construction de grosses prisons sous le régime du partenariat public-privé, délégation toujours plus importante de missions de service public aux entreprises privées, mépris des personnels et mépris de la population pénale.

La Chancellerie continue à dire qu’elle ferme les établissements vétustes dans un souci de modernité, alors que c’est parfois complètement faux : à Digne, comme à Compiègne ou à Aurillac, par exemple, les conditions de détention sont reconnues par tous les acteurs de la vie pénitentiaire comme étant au dessus de la moyenne. Voilà des établissements qui ont fait des travaux conséquents pour rester ou pour se mettre aux normes, avec un travail d’amélioration de la prise en charge des détenus reconnu par tous les rapports (missions parlementaires, visites du contrôleur général des prisons). Des établissements à taille humaine, qu’il faudrait supprimer, au profit de superstructures carcérales, loin des personnels et loin des familles de détenus ?

La CGT ne remet pas en cause la nécessité de fermeture de certains établissements, qui ne sont plus à même d’assurer des conditions de détention et des conditions de travail décentes. Mais en quoi ces conditions seront améliorées par de nouvelles constructions de 700 places, qui compromettent le maintien des liens familiaux, le tissu partenarial et la préparation à la sortie, et qui obligent les personnels à faire des centaines de kilomètres ? Des solutions existent : rénovations, constructions de petites structures à proximité, transformation en CSL ou CPA,...

Dans notre journal « Expressions Pénitentiaires » daté du mois de décembre 2009, nous revenions déjà sur les nouveaux établissements, et nous écrivions combien ces choix dictés par les intérêts financiers des grands groupes du BTP étaient des erreurs fondamentales. Même la Cour des comptes (qu’on ne peut pas soupçonner de gauchisme révolutionnaire) affirme que l’orientation retenue en faveur de la construction des prisons en gestion mixte a été décidée en l’absence totale d’évaluation. La seule certitude, c’est que cette orientation permet au passage de générer des profits gigantesques dans les poches de Bouygues ou d’Eiffage !

Quant à la taille des établissements, il est clair que les projets actuels (de 700 places) sont dictés par un souci d’économies d’échelle, de compression des personnels. Peu importe les organisations syndicales, les professionnels, le contrôleur général des prisons, qui disent que ces grosses structures génèrent de la tension, de l’isolement et des dysfonctionnements permanents. Il est bien loin le souci d’amélioration des conditions de travail ou de détention ! Là encore, c’est un choix économique qui préside. Une politique pénale qui entraîne une surpopulation, et une politique budgétaire qui est incapable de l’assumer !

C’est pourquoi nous demandons à ce que la question de la cartographie pénitentiaire fasse l’objet d’une négociation, qui implique les personnels, les organisations syndicales et les élus locaux. L’absence de toute discussion prouve de manière théatrâle la manière dont le ministère s’assoit sur la charte du dialogue social qu’il a lui même signée ! On sait au moins ce que valent les promesses qui sont faites !

Nous avons donc transmis un courrier à la ministre afin d’exiger la mise en place rapide de discussions. Par ailleurs, la pression s’accentue à tous les niveaux :

  • Sur la DISP de Rennes, à Caen, St Malo, Vannes, les élus locaux ont été interpellés, les médias ont relayé les revendications des collègues. A Caen, un collectif réunissant les élus locaux, les syndicats pénitentiaires, les organisations de magistrats et d’avocats s’est réuni pour organiser une conférence de presse commune et faire remonter des propositions concrètes au ministère.
  • Sur la DSIP de Bordeaux, la CGT a été à l’initiative d’une manifestation à Guéret, couverte par la presse et recevant le soutien du député-maire et du conseiller général.
  • Sur la DISP de Marseille, à Digne, sous l’impulsion de la CGT, l’intersyndicale a multiplié les actions et bénéficie du soutien des élus locaux, qui ont remis le 14 septembre au ministère une pétition comptant plus de 5000 signatures !
  • Sur la DISP de Lille, la CGT a organisé une manifestation à Compiègne, suivie par les médias, et soutenue par la magistrature. Les militants ont été reçus par le Sénateur maire et le conseil régional.
  • Sur la DISP de Dijon, à Châlons en Champagne, une intersyndicale s’est construite et a saisi les élus locaux qui ont soutenu leurs revendications et attendent une réponse de la Chancellerie.
  • Sur la DISP de Lyon, le sénateur de l’Ardèche va procéder, à l’invitation de la CGT, à une visite de Privas. A Montluçon comme à Aurillac, les contacts ont été pris avec les élus.
  • Sur la DISP de Strasbourg, à Sarreguemines par exemple, les camarades de la CGT ont interpellé le député-maire ainsi que le sous-préfet et provoqué une rencontre avec M. Bockel, secrétaire d’état.

Par ailleurs, tous les militants sont appelés à signer et à faire signer la pétition contre l’application de la RGPP dans la pénitentiaire (www.ugsp-cgt.org/Petition-adressee-a-Mme-le).

De plus, la CGT fait partie du collectif justice, qui regroupe des organisations syndicales de la pénitentiaire, de la PJJ, des services judiciaires, des magistrats et avocats. Ce collectif organisera courant octobre des visites d’établissements et des conférences de presse afin de montrer la solidarité de tous les professionnels de la justice et d’étendre les mobilisations.

TOUTES CES MOBILISATIONS NE DOIVENT ÊTRE QUE LES PRÉMICES D’UN MOUVEMENT DE PLUS GRANDE AMPLEUR ! RESTONS SOLIDAIRES ET COMBATIFS, POUR EXIGER L’OUVERTURE DE NÉGOCIATIONS !

UGSP-CGT — 263 RUE DE PARIS — CASE 542 — 93 514 MONTREUIL CEDEX — Tél. 01 48 18 82 42 — UGSP@CGT.FR
A Montreuil, le 16 septembre 2010

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