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Radicalisme religieux : Non adéquation des moyens avec les enjeux !

jeudi 29 janvier 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le 21 janvier dernier, le premier ministre prononçait à l’assemblée un discours sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme. Etait publié le même jour un plan d’action. Prochainement, la ministre de la justice recevra l’ensemble des syndicats.

S’en suivra un débat à l’assemblée nationale qui devrait consacrer un projet de loi.
C’est dans ce cadre que les conseillers de la ministre sont chargés de recevoir les organisations syndicales en bilatérale. La CGT a été auditionnée le 27 janvier 2015.
Les conseillers se sont bornés à nous entendre et à faire des annonces que nous connaissions déjà au travers du plan d’action du 21 janvier, soit :

- L’expérimentation Fresnoise va être étendue par la création de cinq quartiers dédiés. Dans un même temps, il faut renforcer la formation des personnels, constituer des équipes pluridisciplinaires, construire des programmes de contre radicalisation.

- Il faut accroitre également le recrutement des aumôniers musulmans et leur professionnalisation. Le budget de l’aumônerie musulmane nationale sera ainsi doublé et 60 aumôniers supplémentaires viendront rejoindre les 182 existants.

- 950 emplois supplémentaires seront consacrés à la lutte contre le terrorisme au cours des trois prochaines années au ministère de la Justice, à répartir entre les trois directions (AP – SJ et PJJ), ce qui au final fera très peu !

- 181 millions d’euros de crédits d’investissement, d’équipement et de fonctionnement seront consacrés à ce plan de renforcement, au cours des 3 prochaines années,

- 66 agents (sur les 950) seront affectés au renforcement du renseignement pénitentiaire pour mieux appréhender les phénomènes de radicalisation en milieu carcéral. Puis la cgt a réaffirmé quelques principes et idées sur la question tout en indiquant que celle-ci ne peut souffrir d’aucun angélisme. C’est trop sérieux. Et, s’il y a des fondamentaux à respecter, la sécurité de nos concitoyens sur ces aspects ne peut souffrir d’aucun humanisme béat !

Pour la CGT, il faut :  Que le service public pénitentiaire prenne toute sa place et ses responsabilités, tout en n’ignorant pas que celui-ci est en bout de chaine, le mal étant souvent déjà fait en amont, telle la radicalisation.  La surpopulation pénale est trop importante. Et en même temps, les effectifs ne suivent pas et ne nous permettent pas, déjà, de faire toutes les autres missions convenablement. Si la nouvelle politique pénale n’a pas plus d’effets et si des emplois ne sont pas créés plus massivement, tout plan d’action et de formation sera complexe à mettre en œuvre.

Les 950 emplois créés sur cinq anas pour les trois directions ne sont pas là pour nous rassurer.
 Oui, l’effort doit être mis sur le renforcement des effectifs afin que nous soyons en capacité de dispenser des formations initiales et continues auprès de nos collègues. Aujourd’hui, ils ne sont pas « armés » pour répondre à ces enjeux. Galvauder une formation, comme c’est trop souvent le cas à la « va vite » sur une ou deux journées, c’est courir un risque d’amalgames en ayant des collègues peu ou pas au fait.
 Il est urgent de repenser le travail pluridisciplinaire dans les détentions en fidélisant mieux les collègues dans des unités de vie où ils suivraient des même groupes de détenus sur des cycles à déterminer ;
 Il faut créer des outils de repérage simples à disposition des collègues dans le cadre de la détection des comportements radicaux à risque ;
 Une meilleure harmonisation des différents services publics de l’état devient urgente. Si d’ores et déjà l’administration pénitentiaire renseigne avec ses moyens les services spécialisés, des collègues affirment que le renvoi d’ascenseur des renseignements n’est pas toujours à la hauteur des enjeux posés ;
 Visiblement, l’Etat entend créer des unités dans six établissements dont celui de Fresnes. La CGT aborde cette question sans frilosité et attendra de voir l’organisation de ces quartiers avant de s’exprimer davantage.

A priori, cela répond à notre idée selon laquelle il faut isoler les détenus les plus radicaux sur plusieurs sites, en renforçant notre capacité de renseignement sur place, en y affectant des référents spécialisés car formés, dans le cadre d’un travail avec l’ensemble des équipes de détention

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