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SERVICES PENITENTIAIRES D’INSERTION ET DE PROBATION FORMATION // EFFECTIFS IL Y A URGENCE !

jeudi 22 mai 2014  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

En septembre 2014, 390 élèves conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) entreront à l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire (ENAP). Il s’agit d’un recrutement significatif (la dernière promotion comptait 165 élèves), qui constitue la première étape de l’annonce de la création de 1000 emplois dans les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation qui demande à être confirmée au vu des politiques d’austérité engagées par le gouvernement. Cette annonce faite par l’ancien premier ministre venait en soutien du projet de réforme pénale qui sera débattu au Parlement à compter du 3 juin et reposait sur l’idée d’un ratio de prise en charge (40 dossiers par conseiller).

LA PREAFFECTATION DES CPIP : UN SYSTEME DE FORMATION QUI A DES CONSEQUENCES DESASTREUSES !

Au vu de cet enjeu de recrutement, il nous semble urgent et indispensable de changer la donne en termes de formation des CPIP. En effet depuis 2008, celle-ci a pris une orientation très préoccupante qu’il est largement temps de renverser.

En clair, une formation en alternance sur deux ans doit être remise en place et le système de pré-affectation sur postes vacants définitivement abandonné !

Dès le départ, la CGT avait alerté sur les conséquences dramatiques que la pré-affectation entraînait. Depuis près de 5 ans que ce système perdure, il a largement montré ses limites et ses effets pervers. L’avis est partagé par l’ensemble des professionnels et des organisations syndicales au-delà de leurs visions respectives du métier. Cet avis a même un temps été porté et décidé par l’administration pénitentiaire avant qu’elle fasse volte-face.

Affectés sur les sites les plus en pénurie d’effectifs, les stagiaires CPIP sont amenés à immédiatement combler les manques, en faisant l’économie du temps et de la progression nécessaires à un apprentissage de qualité.
Mis en situation extrême et dans les conditions de travail les plus dégradées, les futurs CPIP sont encadrés par des tuteurs qui sont le plus souvent de jeunes titulaires faisant face eux-mêmes à des charges de travail démesurées.
La pré-affectation implique que les stagiaires ne sont pas répartis sur l’ensemble du territoire et que l’effort d’accueil est concentré sur le Nord, l’Ile de France et l’Est. Ceci n’est pas acceptable !

Plus encore, ce système appauvrit les expériences de terrain et réduit la diversité de celles-ci allant jusqu’à des stages qui s’exercent uniquement en milieu fermé ou en milieu ouvert ou pire encore au sein d’un pôle spécialisé (pôle aménagements de peine, pôle TIG…).

L’administration pénitentiaire joue la montre, évinçant toujours ce sujet et niant le consensus au sein de la profession. Les groupes de travail sur les métiers des SPIP sont installés depuis octobre dernier et ce sujet n’a toujours pas été traité. Lors de la première réunion des organisations syndicales en marge de ces groupes de travail, la directrice de l’administration pénitentiaire avait « sorti son joker » et n’a plus remis les pieds dans ces espaces de discussion.

Après l’été, les élèves vont entrer en formation. Il est temps d’abattre les cartes et de donner de réelles garanties à la profession et aux futurs CPIP. La CGT exige que cette question soit LA priorité et que l’abandon de la pré-affectation soit acté une bonne fois pour toute !

CPIP PLACES : UN ECHEC PATENT !

L’administration, non seulement satisfaite de laisser les stagiaires dans cette situation intenable, en rajoute une couche. Elle ne voit comme seule issue possible pour « sauver » son dispositif de CPIP placés, faute de volontaires titulaires, d’imposer ces postes à la 18ème promotion. La CGT a dénoncé ce passage en force. L’administration, campée sur sa position, a refusé les propositions de la CGT dont le but était de ne pas contraindre les stagiaires à prendre ces postes. La DAP, malgré cette forte opposition, a décidé d’imposer aux stagiaires une dizaine de postes de CPIP placés. Il est inadmissible que l’administration nie à ce point le volontariat que supposaient les postes de CPIP placés et les contraintes familiales et personnelles qu’implique ce choix.
Ce dispositif de 88 postes « volants » prévus pour les remplacements d’absences de moyenne durée (congé maternité par exemple) a été mis en place par l’administration en 2013. C’est une véritable ineptie dans une situation de pénurie d’effectifs. La CGT exige la mise en place d’organigrammes comprenant un TCCBS (taux de calcul pour la compensation des besoins du service, comme cela existe pour les établissements) ainsi que l’abandon de ce dispositif de CPIP placés dont l’échec est cuisant. Une vingtaine de postes sont occupés et les volontaires ne se bousculent pas au portillon. Pendant ce temps, les postes budgétaires sont bloqués alors qu’ils pourraient être largement redistribués sur les services. La CGT exige cela depuis un an, sans que l’administration ne remette en cause son « joujou ».

Qualité de formation sacrifiée, stages en situation extrême, et maintenant contrainte de postes de CPIP placés, la coupe est pleine pour les stagiaires et pour l’ensemble de la profession.

Extraits des règles européennes de la probation adoptées par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe le 20 janvier 2010 (https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=...
10. Les services de probation bénéficient d’un statut et d’une reconnaissance correspondant à leur mission et sont dotés de ressources suffisantes.
24. Une formation initiale est dispensée à tous les membres du personnel dans le but de leur transmettre les compétences, les connaissances et les valeurs nécessaires. Le personnel est évalué selon des modalités reconnues et des qualifications, qui valident le niveau de compétence atteint, sont décernées.
29. Les effectifs des services de probation doivent être suffisants pour qu’ils puissent assurer pleinement leur mission. Le nombre de dossiers que chaque agent a à traiter doit lui permettre de surveiller, guider et assister efficacement les auteurs d’infraction, de manière humaine et, si cela est approprié, de travailler avec leur famille et, le cas échéant, les victimes. Si la demande est excessive, il est de la responsabilité de la direction de chercher des solutions et d’indiquer au personnel les tâches prioritaires.

La CGT met l’administration pénitentiaire face à ses manquements et interpelle le Ministère qui doit désormais se saisir de ces questions :

 Abandon de la pré-affectation au bénéfice d’une formation en alternance sur deux ans
 Abandon du dispositif de CPIP placés et redéploiement des moyens sur les services
 Mise en place d’organigrammes assortis d’un TCCBS
 Confirmation des créations d’emplois dans les SPIP
 Mise en œuvre d’un ratio de prise en charge

La CGT est combattive sur tous les fronts : défense du service public, emplois, formation, conditions de travail et plus que jamais présente auprès des personnels !

Ne laissons pas l’administration nous imposer ses choix sans concertation ! Faisons entendre nos voix !

Montreuil, le 22 mai 2014

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