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Service civique dans les SPIP : Bon anniversaire !

vendredi 28 octobre 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Il y a un an, nous dénoncions l’initiative malheureuse de la direction du SPIP du Vaucluse, qui souhaitait recruter des volontaires du service civique sur des missions dévolues aux professionnels. Nous ne pouvions alors qu’admirer le caractère extrêmement débrouillard de nos hiérarchies, capables, en ces temps de budget faméliques, de trouver de la main d’œuvre quasi-gratuite pour assurer la continuité du service public.

Force est de constater, un an après, que nous sommes au-delà des espérances les plus folles. Ainsi, au SPIP du Vaucluse, ce ne sont pas moins de 5 volontaires du service civique qui assument quotidiennement les tâches que les agents, faute de moyens nécessaires, ne peuvent plus assurer. En milieu fermé, par exemple, ils sont notamment responsables du suivi de la constitution des dossiers PSAP et SEFIP. Ils sont aussi en charge, à l’occasion, de tâches de standard ou de secrétariat.

Pour occuper ces fonctions extrêmement sensibles, ils sont indemnisés à hauteur de 450 € par l’Etat. Mais, comble de l’élégance, l’administration salue leur travail en les gratifiant, chaque mois, d’un carnet de 10 tickets-services ! Quel sens remarquable de la charité !

Le constat est pathétique. Les pouvoirs publics se targuent d’offrir une expérience professionnelle valorisante au service de la collectivité ? En fait ils se servent de la précarité et du chômage des jeunes en abusant d’une main d’œuvre malléable et bon marché, pour faire tourner un service public qui par ailleurs reste sous perfusion.

Dans certains établissements pénitentiaires aujourd’hui, des fonctions de greffe et de personnels administratifs sont donc assurés par des volontaires que l’administration pénitentiaire rémunère en tickets services. La direction de l’administration pénitentiaire ose ensuite nous parler de professionnalisation, de lisibilité de l’action du SPIP, d’harmonisation des pratiques, de modernisation ? Pourtant, on jurerait que les responsables administratifs à l’initiative de cette situation s’inspirent des mots suivants :

« Il y aura toujours, si riche et si équitable que soit la collectivité, des prestations utiles qui ne pourront être payés en termes monétaires et des zèles utiles qui ne voudront pas l’être ».
Cette phrase est tirée d’une circulaire signée par Alain Peyrefitte, Garde des sceaux. Elle s’intitule « développement du bénévolat en mileu ouvert ». Elle date du 24 novembre 1980.

Montreuil le 28 octobre 2011

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