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Souffrance des personnels techniques : L’InVS donne raison à la CGT !

lundi 20 avril 2015  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

L’institut de veille sanitaire (InVS) vient de rendre publique une étude relative à la mortalité des agents de l’administration pénitentiaire entre 1990 et 2008. Son rapport est accablant : Le taux des suicides des personnels techniques est au-dessus du reste de la population française.

Les 10 suicides répertoriés sont à un SMR (ratio standardisé de mortalité) de 2,85
. Un SMR est le rapport entre un nombre de décès observé dans une population et un nombre de décès attendu. Le nombre de décès attendu représente le nombre de décès attendus compte tenu de l’âge, du sexe et du temps de suivi dans la population étudiée, si la mortalité était la même dans la population étudiée et dans la population générale française. Un SMR supérieur à 1 signifie qu’il existe un excès de mortalité dans la population par rapport à la mortalité de la population française. Une chose est sure, les contraintes subies par les personnels techniques sont les mêmes que les personnels de surveillance.

La CGT demande depuis plusieurs dizaines d’années une reconnaissance de la pénibilité des missions exercées par les personnels techniques : Cela vaut pour le cadre actif (retraite à 55 ans) et la mise en place du 1/5éme, car ils subissent des nuisances professionnelles spécifiques au milieu carcéral (stress, insécurité…). Mais aussi, comme l’explique L’InVS qui donne raison aux analyses de la CGT, les causes portent sur une « demande psychologique élevée, une faible latitude décisionnelle, un déséquilibre effort/récompense, un faible soutien des supérieurs, un manque de reconnaissance, une insuffisance des effectifs. »

Notre travail n’est pas respecté à sa juste valeur, le mal être des personnels techniques prend sa source aux décisions politiques prises dans de cadre de budgets de grande austérité qui entraine des cadences infernales au regard du manque d’effectifs techniques de tout corps, à la suppression des logements de fonctions qui est venu soudainement amputée les salaires, aux heures supplémentaires non payées, à la priorité budgétaire donnée aux prestataires privés, à la formation quasi inexistante, au manque de reconnaissance salariale, etc.

Un autre paramètre de l’étude InVS, important et significatif, porte sur le nombre important de tumeurs du larynx chez les personnels techniques. En exemple, les contraintes liées au métier de plombier : manutention de charges lourdes, postures de travail inconfortables, sols humides et glissants, les produits chimiques rencontrés (amiante, plomb, etc) ou utilisés (solvants, colles, décapants ou détartrants), l’électricité, les travaux de soudure, les bactéries et virus présents dans les réseaux sanitaires, les eaux usées et les espaces confinés. Autant de facteurs qui peuvent être à l’origine de multiples risques professionnels.

Nous n’allons pas faire l’état des risques pour chaque métier, mais une chose est sure, les personnels techniques ne peuvent pas être considérés comme des personnels sédentaires, les faits sont là !

L’administration pénitentiaire doit reconnaitre les personnels techniques et prendre toute mesure pour lutter contre les risques psychosociaux et de santé !

Montreuil, le 20 avril 2015

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