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Sourde, aveugle et muette !

mardi 8 février 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Depuis le début de l’ « affaire de Pornic », quelqu’un a-t-il entendu ce que pense l’administration pénitentiaire de ce tragique évènement ?
Qui croira encore qu’elle se soucie de ses agents, alors qu’elle les livre sans vergogne à la vindicte d’un gouvernement populiste qui veut des coupables à tout prix, pour légitimer sa politique de casse du service public ?
Pourquoi ses dirigeants se terrent t-ils dans leur tanière de la rue du Renard, depuis laquelle ils prennent sans discernement et dans la plus totale confusion des décisions qui ne servent qu’à détourner leurs responsabilités sur les personnels ?

Depuis des années, l’administration pénitentiaire et le ministère sont sourds aux cris d’alarme des personnels et méprisent leur connaissance du terrain.
Depuis des années, l’administration pénitentiaire oblige, avec autoritarisme et brutalité, les agents à foncer droit dans le mur avec ses choix organisationnels et dogmatiques aveugles, qui n’ont d’autre finalité que de s’accommoder de la pénurie des moyens.
Alors même que la crise actuelle fait s’écrouler le château de cartes construit par des bureaucrates irresponsables, ce sont les mêmes qui insistent dans l’erreur.
Mais il est plus facile de rester sourd et aveugle plutôt que d’affronter la réalité.

Depuis une semaine, les médias nationaux ne cessent de solliciter l’administration pour recueillir les témoignages des travailleurs sociaux. Non pas pour qu’ils se prononcent sur l’horreur du crime de Pornic, mais juste pour comprendre leur travail et le faire découvrir au grand public, légitimement en droit de connaître le fonctionnement de sa justice.
Depuis une semaine, l’administration rejette systématiquement les demandes faites par les équipes de journalistes. C’est à croire que le service communication de l’administration est débordé pour vendre ses établissements labellisés !

A moins que la « Petite Muette » craigne de révéler la vérité : l’état pitoyable dans lequel elle a servilement réduit les services pénitentiaires d’insertion et de probation et les savoirs faire professionnels des travailleurs sociaux.

Les professionnels n’ont rien à cacher ni à se reprocher. Sans leur déontologie et leur dévouement au service public, dans un environnement professionnel de plus en plus violent et complexe, il y a bien longtemps que la crédibilité du service public pénitentiaire serait réduite à néant. Le poids écrasant d’une bureaucratie procédurière, stérile et ubuesque, ne fait que supprimer toute référence au travail d’accompagnement des publics qui lui sont confiés.

- La CGT Pénitentiaire exige que les travailleurs sociaux puissent eux-même, sans pression de l’administration, faire part de leurs expériences et de leur expertise, afin de permettre aux citoyens de comprendre les enjeux des politiques pénitentiaires.
- La CGT Pénitentiaire exige que l’administration pénitentiaire cesse de se réfugier derrière le paravent de ses statistiques contestables et des pseudo contraintes de sécurité, et qu’elle s’explique publiquement sur les conséquences désastreuses des choix politiques et idéologiques de ces dernières années.

Monsieur le Directeur de l’administration pénitentiaire, cessez donc cette lâcheté. Ouvrez la porte des services et des établissements pour laisser librement s’exprimer les professionnels de terrain. Ou allez vous exprimer vous-même publiquement à Nantes et ailleurs, aux côtés de vos personnels, le 10 février 2011. Beaucoup vous y attendent !

Montreuil, le 8 février 2011

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