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Suicide des personnels pénitentiaires : l’hécatombe !

lundi 16 mai 2011  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Suicide des personnels pénitentiaires : l’hécatombe !

Vendredi dernier nous avons diffusé un communiqué intitulé « La prison, un espace mortifère ? Il n’y a pas de fatalité » relatif à certaines revendications et inquiétudes de la CGT pénitentiaire suite à l’enquête Inserm commandée par l’administration pénitentiaire sur le suicide des personnels pénitentiaires et sur la question de la souffrance au travail.

Nous faisions part de la funeste réalité, soit six collègues décédés en très peu de temps par suicide (depuis décembre 2010) ! Le lendemain, samedi, nous apprenions qu’un jeune collègue d’Eysses avait mis fin à ses jours ! Le décompte tragique augmente ! Pour rappel : le taux de suicide des personnels pénitentiaires est de 31% supérieur à celui de la population générale et de celui des personnels de surveillance est de 15.5 % supérieur à celui de la Police Nationale (statistiques 2005/2009). Dans plus de 50% des « cas » étudiés par l’Inserm le facteur travail a été un élément aggravant lors du passage à l’acte !


La CGT Pénitentiaire est très inquiète et ce d’autant plus que l’administration et le ministère, contrairement aux apparences, ne semble pas prendre la mesure du grave problème !
En effet, nous avions souligné dans notre communiqué certaines interrogations suite au groupe de travail ministériel sur la souffrance au travail, qui évacuait paradoxalement les raisons de la souffrance au travail. Cela a amené les organisations syndicales présentes à quitter la salle en signe de protestation et désaccord !

Par ailleurs, l’administration et le ministère veulent supprimer un outil important pour lutter contre la souffrance du/au travail : les CHS-CT locaux ! Il s’avère aussi que les ACMO retenus par l’administration ne sont généralement pas des personnels volontaires, mais souvent des personnels désignés malgré leur charge de travail déjà bien souvent trop grande ! Aussi la mission des ACMO, importante dans la lutte contre les risques psycho sociaux et les conditions de travail est simplement anéantie !

Encore une fois, la CGT Pénitentiaire demande à l’administration d’agir en urgence sur les racines de la souffrance au travail, d’être un acteur responsable au service de la lutte contre les risques psychosociaux. Nous rappelons à l’administration ses obligations telles que définies par l’article 23 de la loi dite Le Pors ou loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ! Les risques psycho sociaux du travail-dont le suicide des agents- ne se « gèrent pas » : ils se combattent en améliorant nettement, par exemple, les conditions de travail des agents prises dans leur globalité !

La CGT demande que les CHS-CT locaux restent en place avec une augmentation de leur pouvoir d’action et que les ACMO retenus soient des personnels volontaires avec du temps disponible pour effectuer leurs missions !

La CGT pénitentiaire exige un plan d’urgence sérieux sur la souffrance au travail et des moyens suffisants pour stopper les graves détériorations de nos conditions de travail.

Montreuil, le 16 mai 2011

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