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Trop de surveillants sur les coursives ?

vendredi 29 octobre 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel
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Le directeur de l’administration pénitentiaire, un peu plus renseigné sur les modalités du transfert des missions du ministère de l’intérieur vers le ministère de la justice, nous a fait part de quelques informations, tout en précisant qu’il y avait toujours plus de questions que de réponses.

La décision de ce transfert de missions a été décidée à Matignon en 2006.
Si le rapport Belutteau de 2004 précise que le nombre d’emplois nécessaires pour remplir ces nouvelles charges de travail (transferts judiciaires et gardes hospitalières) est de 2400, aucune réflexion n’a été menée avec les syndicats depuis cette date.


C’est donc 5 ans plus tard, lors de l’annonce du budget 2011, que le couperet tombe ! En effet, si le transfert des missions débute dès 2011, le transfert effectif des moyens (personnels et matériel) prendrait beaucoup plus de temps (peut être en 2012 sur le budget de 2011).

Comme l’a précisé Brice Hortefeux lors de son audition à l’Assemblée Nationale le gain net pour son ministère est de 400 emplois. La police d’audience relèvera dès le 1er janvier prochain de sociétés de gardiennage ou de réservistes de la police et de la gendarmerie qui seront rémunérés par le ministère de la justice.

Traduction concrète : les transferts judiciaires, ainsi que la sécurisation des UHSI et de la place Vendôme, représentaient 1200 emplois du ministère de l’intérieur (800 gendarmes et 400 policiers). Seront transférés au ministère de la justice seulement 800 emplois sur 3ans dont 200 dès 2011. Les premières recrues pour ces nouvelles missions n’arriveront qu’au printemps 2012, alors que le début de ce transfert de missions débute début 2011. Les 200 emplois prévus pour 2011 seront donc pris sur l’existant !

1. Pour les transferts judiciaires : une expérimentation se fera sur 2 régions administratives (l’Auvergne et la Lorraine) dès le 2ème trimestre 2011. Une CAP de mobilité aura lieu au mois de mars 2011 pour l’affectation des personnels sur ces nouvelles missions. Vraisemblablement une formation de 2 mois leur sera dispensée, d’octobre à décembre 2011. En revanche, aucune réponse quant à savoir sur quelles résidences administratives seraient affectés ces personnels.


2. Pour la sécurisation des UHSI :
pour celle de Lille, les postes sont déjà publiés à la CAP de décembre, pour les autres, les postes seront diffusés lors de la CAP de mars 2011. La formation devrait aussi être d’une durée de 2 mois.


3. Sécurisation de la place Vendôme :
seront affectés 15 surveillants, 5 1er surveillants, 1 major et 1 officier dès janvier 2011 (effectifs pris sur l’existant lors de la CAP de décembre). Une formation de 15 jours leur sera dispensée avec, après, une période de doublure de 15 jours avec les gendarmes. Ces derniers quitteront donc leurs postes en février.

Les limites d’intervention des personnels de la place Vendôme ne sont pas encore arbitrés, précipitation oblige : seront-ils armés, quelles missions précisément ? L’administration se pose encore ces questions alors que les postes sont déjà ouverts avec des fiches de postes et bientôt des audiences pour le recrutement. La seule certitude, c’est qu’il s’agira d’une mission de représentation…

La CGT pénitentiaire n’a eu de cesse de dénoncer cette sinistre affaire. Elle dénonce à nouveau :

- L’inexistence de concertation sur ces transferts amplifie le mépris envers les personnels.

- Les charges de travail ainsi que les différentes missions se multiplient, l’emploi reste insuffisant, la souffrance au travail s’aggrave proportionnellement à la détérioration des conditions de travail.

- Le transfert des missions se fera à un coup budgétaire inférieur à celui de l’intérieur, et sur le dos des personnels pénitentiaires ! Soit nous sommes des supers héros, polyvalents et hyper compétents, soit on nous ridiculise encore une fois en nous prenant pour des personnels corvéables à souhait, exploitables indéfiniment et jetables à merci si trop fatigués par des conditions de travail létales !

Une autre hypothèse : l’Etat se moque profondément de la sécurité des personnes sur la voie publique, dans les tribunaux, et dans les ministères ! Et si problème il y avait, encore une fois les personnels pénitentiaires seraient remis en cause. Incapables, la privatisation de ces missions pourrait être alors envisagée…

Nous sommes consternés de voir que ceux qui nous dirigent ne fassent que se réjouir des économies réalisées !

NE NOUS LAISSONS PAS FAIRE, FAISONS-NOUS RESPECTER !

Montreuil, le 29 octobre 2010

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