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UR de Rennes : les heures supplémentaires en ligne de mire !

jeudi 3 juin 2010  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Nous le savons désormais depuis une audience nationale avec le DAP, il y a un déficit national sur la masse salariale d’environ 80 millions d’euros. Si le DAP s’est voulu rassurant avec notre secrétaire nationale, dans les faits, les conséquences commencent à retomber en cascade sur les directions interrégionales. M. LATHOUD l’avait d’ailleurs annoncé, les heures supplémentaires, notamment, sont en lignes de mire.

Le Directeur interrégional de Rennes a réuni hier sur cette question les syndicats représentatifs au CTPI (CGT – UFAP – FO). Il nous indique avoir identifié 9 établissements pénitentiaires qui généreraient trop d’heures supplémentaires : Argentan, Le Mans, Laval, Rennes-Vezin, Lorient, Nantes, Caen, Angers et Coutances. Il a reçu chaque chef d’établissement pour en débattre. Chacun s’est vu transmettre une lettre cadre qui lui signifie ses objectifs.

Coûte que coûte, il faut que ces établissements réduisent les heures supplémentaires par tout moyen : non paiement des heures sup des postes fixes, postes de nuit comme de jours découverts, suppressions de postes et/ou de créneau horaires, aménagement des temps de travail… Déjà, des directions locales s’y attèlent comme à Rennes où des collègues sont mis en repos la veille pour le lendemain, c’est-à-dire que leur poste ne sera pas occupé.

Si le quota d’heures sup accordé est dépassé, l’administration ne paiera plus ! Exemple : Le CP Nantes (CD + MAF + MAH) a généré 59 000 heures supplémentaires en 2009. Le quota accordé pour cet établissement est de …38 000 pour 2010. Ce seuil dépassé, les agents ne seront pas payés !

C’est insupportable et inadmissible : chaque agent qui vient prendre son service un jour donné, est sensé tenir un poste, les heures supplémentaires qu’il peut générer ne sont pas de son fait, mais d’une décision politique qui n’a pas voulu prendre en compte la durée de travail hebdomadaire effective de 35h, puis d’un axe politique visant à réduire le nombre de fonctionnaire.

Cette philosophie, qui est en décalage avec un recrutement à hauteur des besoins, se traduit concrètement et logiquement, sur le terrain par une hausse d’heures supplémentaires dont l’imputabilité n’est pas à mettre au débit des personnels qui supportent l’incurie des pouvoirs publics.

Les personnels de surveillance de la DISP de Rennes ont effectué au titre de 2009, 215 000 heures supplémentaires. Ceci représente 2 795 000 € si nous prenons une base moyenne régionale de 13 € l’heure supplémentaire. Mais cela représente également 144 emplois de surveillants sur la seule région de Rennes sur une base de 1500 H annuelles !

En payant des heures sup, l’Etat économise des emplois ! Et en plus aujourd’hui, ce même Etat se permettrait de ne plus payer les heures sup en découvrant des postes, fragilisant ainsi les établissements car offrant moins d’encadrement de la population pénale à tout niveau, social et sécuritaire ?

Les heures dites « frictionnelles » en otage : Il existe une loi, dans ce pays, qui fixe la durée hebdomadaire légale de travail à 35 heures. Avant de créer un quelconque emploi dans la fonction publique, celle-ci devait procéder à une réorganisation de ses services afin d’évaluer avec exactitude le manque de personnels.

Si cette réorganisation a bien été effectuée, le recrutement nécessaire n’a pas été fait. Pour les personnels de surveillance, cela se chiffre par un total de 4 heures par semaine, appelées heures frictionnelles. Ces heures ne sont pas véritablement des heures supplémentaires puisqu’elles sont incluses, de manière légitime dans les services prévisionnels.

Si cela relève d’une tambouille incompréhensible pour le commun des mortels, il faut mesurer que l’administration s’y retrouve largement car elle n’a pas recruté d’emplois.

Aujourd’hui, on sait de source sûre que ces heures « frictionnelles » sont intégrées dans le global des heures sup des établissements pénitentiaires pointés du doigt, car au ministère des Finances, on l’aurait décidé ainsi, on les aurait effacé contre tout accord passé.

Cet amalgame n’est pas entendable : Ces heures représentent plus de la moitié des heures supplémentaires effectuées et pointées du doigt. Si l’Etat veut y remédier, il doit créer des emplois à hauteur ou alors continuer à les payer !

La CGT le dit sans ambiguïté, nous assistons là à un nouvel appauvrissement du service public que nos gouvernants cherchent à démanteler. A ce jeu, tout est bon pour le discréditer. Cette indigne culpabilisation des pénitentiaires qui seraient « dépensiers » est un prétexte supplémentaire pour opposer les salariés en nous discréditant.

La CGT le dit tout aussi clairement, elle n’acceptera pas qu’il y ait sur les établissements, des mécaniques locales visant à découvrir des postes en détention : La situation est déjà trop tendue, elle deviendrait dramatique.

L’UR CGT de Rennes se réunit en CE Régionale le 7 juin à Rennes Vezin. Elle examinera les axes d’actions à entreprendre pour ne pas laisser faire tout et n’importe quoi à bord d’un navire qui sombre un peu plus à chaque prise de décision !

Nantes, le 3 juin 2010

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