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Une nouvelle directrice à la tête de l’administration pénitentiaire Bilan et perspectives

jeudi 22 août 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Ce jeudi 22 août 2013, Isabelle GORCE prend ses fonctions en tant que directrice de l’administration pénitentiaire et succède ainsi à Henri MASSE.
Ce changement de tête « Rue du Renard » est pour nous l’occasion de dresser un bilan des deux dernières années au sein de cette administration et de mettre en exergue les attentes des personnels qui exercent au quotidien leurs métiers dans des conditions difficiles.

Henri MASSE a été nommé sous le mandat de Nicolas SARKOZY en juin 2011. Loin de mesurer les enjeux mis en avant par la mobilisation suite à l’affaire dite de « Pornic », la direction de l’administration pénitentiaire a laissé en jachère des chantiers abandonnés quelques mois auparavant.
La force d’inertie de cette administration s’est largement illustrée sur des sujets majeurs comme les décrets d’application de la loi pénitentiaire ou encore les organigrammes des SPIP.
La DAP a accompagné sans réserve les politiques sécuritaires prônées par l’ancien gouvernement dont le dernier acte fut la loi de programmation de l’exécution des peines. Cette loi prévoyait l’extension du parc carcéral et la confiscation des budgets par les partenariats publics privés.
Jouant les prolongations pendant plus d’un an suite au changement de gouvernement, la DAP a tranquillement laissé pourrir la situation.
On nous parlera de « continuité de l’Etat »…
La continuité, nous l’avons vu à l’œuvre à travers notamment l’absence de dialogue social et le mépris exprimé envers les personnels.
Ce qui est certain c’est que ces deux années ont été marquées par un décalage constant entre la politique de l’administration pénitentiaire et les attentes légitimes des personnels.

Aujourd’hui, les chantiers qui attendent la nouvelle directrice de l’administration pénitentiaire sont de taille.

La CGT Pénitentiaire portera la parole des terrains et attend d’Isabelle GORCE qu’elle puisse mesurer l’ampleur de la situation.
Gageons que de nombreux sujets lui sont familiers comme ceux des SPIP dont elle a accompagné la réforme de 1999 mais également dans une moindre mesure la réforme statutaire des personnels d’insertion et de probation. Nous savons dores et déjà que nous ne partageons pas les mêmes visions et que nous devrons batailler becs et ongles pour défendre nos valeurs et nos métiers.

Isabelle GORCE est magistrate et a notamment exercé pendant un an les fonctions de directrice interrégionale de Bordeaux. A l’époque, ses prises de position sur le budget de l’AP lui avaient valu la perte de son poste.
Tout récemment, Christiane TAUBIRA lui a confié une mission sur la surpopulation au CP de Ducos. Son rapport a été rendu en juin et ses préconisations ont été retenues.
Les diverses expériences d’Isabelle GORCE au sein de l’administration pénitentiaire devraient ainsi nous permettre de rentrer rapidement dans le vif du sujet en ce qui concerne les SPIP, le budget 2014 ou encore la situation des établissements.

Aujourd’hui, la surpopulation pénale, la dégradation des conditions de travail et des conditions de détention, les manques d’effectifs et les tensions qu’elles génèrent ne sont plus à démontrer.
Les services pénitentiaires d’insertion et de probation sont également en surchauffe et les charges de travail intenables.

Nous attendons qu’enfin des chantiers soient pris à bras le corps.

En ce qui concerne les personnels de surveillance, de nombreux sujets doivent être traités en dehors du comité de suivi du protocole. Rappelons que ce protocole a été signé par une seule organisation syndicale et que le décret n’a pas encore été présenté en comité technique ministériel.
Donc, il y a nécessité à engager une réelle réforme qui prendra en compte la dimension de complexité du métier de surveillant avec une revalorisation des salaires à hauteur des missions.

Des groupes de travail sur les maisons centrales, un séminaire sur les rythmes de travail (les 19 et 20 septembre 2013) sont prévus… La CGT Pénitentiaire y prendra toute sa part et exigera de la Direction de l’administration pénitentiaire que les conditions de travail des personnels soient mises au cœur des réflexions.
Les réflexions devront rapidement mener aux actes !

En ce qui concerne les SPIP, nous exigeons notamment un ratio de 50 personnes prises en charge par travailleur social afin de garantir des accompagnements de qualité, la mise en place d’organigrammes sur la base de ce ratio et une remise à plat de la formation initiale des CPIP avec l’abandon de la pré affectation.

La mise en place d’un Comité Technique spécifique aux SPIP, et des groupes de travail sur les pratiques professionnelles, la déontologie et la formation ont été annoncés par la ministre au début de l’été. Une nouvelle organisation de l’administration pénitentiaire donnant toute sa place au SPIP doit par ailleurs faire l’objet d’une consultation.

La CGT Pénitentiaire y jouera tout son rôle, portera la parole des terrains et sera force de proposition.

Montreuil, le 22 août 2013

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