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Violences, agressions, mutineries : Cela ne doit pas être une fatalité !

vendredi 16 septembre 2016  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Depuis maintenant plusieurs mois, l’actualité pénitentiaire n’est pas tendre avec le personnel pénitentiaire. Agressions verbales ou physiques, mutinerie et tentative de meurtre ont bercé le quotidien de nos collègues. Ces évènements graves ont fait la une des différentes presses locales et nationales. Angers, Osny, … et tout récemment Poitiers Vivonne, sont les simples reflets de toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les professionnels pénitentiaires.

Il ne se passe plus une seule semaine sans qu’un événement grave vienne bousculer notre quotidien.

Cela traduit inévitablement l’état général d’une détention où le personnel, épuisé par des conditions de travail démentes, subit trop souvent les velléités d’une population pénale de plus en plus vindicative.

Face à ce constat accablant, l’administration brille le plus souvent par son silence en banalisant l’état actuel de nos établissements et continue à traiter ces questions comme résultant des risques liés au quotidien de nos missions.

La surpopulation pénale, qui a atteint des records historiques cet été, vient, de fait, un peu plus, mettre à mal le difficile équilibre de la gestion de la détention, laissant le surveillant d’étage, seul, face à des détenus de plus en plus nombreux.

C’est dans ce contexte très particulier que le 1er Ministre a annoncé à demi mot un plan de construction (plus de 10000 places) de nouvelles prisons pour les 10 prochaines années.

Bien que nécessaire, ces constructions ne peuvent être la seule réponse face aux difficultés rencontrées par le personnel. Pour information, il faut plus de six années entre l’élaboration du projet et l’ouverture d’un nouvel établissement pénitentiaire.

Pour la CGT Pénitentiaire, ces annonces ne peuvent être efficaces que si elles sont accompagnées d’une réflexion bien plus profonde sur l’évolution de notre politique pénale axée sur un réel projet de lutte contre les récidives et de réinsertion des personnes détenues, sur une réorientation de notre politique carcérale vers la construction de petites structures à taille humaine, sur un projet de sécurisation des missions à l’intérieur et à l’extérieur de nos établissements et sur une augmentation significative de nos moyens humains et matériels.

Bien plus que des annonces politiciennes, les personnels pénitentiaires, ont à ce jour, besoin d’actes concrets afin d’envisager un avenir plus serein dans l’exercice de leurs missions.

Cela éviterait, à coup sûr, les problèmes de fidélisation des personnels de surveillance et la fuite en avant qui s’opère depuis maintenant trop longtemps dans cette administration...

Montreuil, le 16 Septembre 2016

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